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d' Alcimédon. 19 qui, en pénétrant fon ame , y avoit développé & fécondé entiérement le germe de ces bonnes qualités que la nature y avoit placé.

Chez les mortels oü vous êtes né, reprit le vieillard, après une courte paufe, on demanderoit excufe de la fenfibilité que je vous ai fait voir, comme d'une foibleffe; mais ici on s'en glorifie comme d'une vertu qui honore le coeur. Je ne m'en juftifierai donc point devant vous, car il faut que vous adoptiez nos mceurs pour être heureux. Vous avez déja acquis ce qui eft principalement néceffaire pour le devenir, puifque vous avez été malheureux longtems, fans avoir mérité de 1'être. Vous m'aver vu pleurer une femme digne des hommages de la terre; ma vie ne fauroit être affez longue pour déplorer ma perte, quand même je n'aurois encore que votre age. Mais ne vous y trompez pas; je fuis mille fois plus heureux par le fouvenir de mon bonheur paffé, & par ma douleur même, qu'on ne 1'eft chez vous dans les bras de la volupté.

Vous n'êtes pas le premier homme de votre monde qui foyez venu dans cette ïle. J'en ai vu beaucoup, mais fort peu de raifonnables „ & qui fuffent dignes de la fociété dont ils pouvoient jouir parmi nous, & dont ils n'ont pas joui en effet, par la féchereffe de leur ame,

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