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des Houyhnhnms. ,32$ ïi faut obferver encore que les gens de loi Ont une langue a part, un jargon qui leur eft propre, une facon de s'exprimer que les autres n'entendent point. C'eft dans cette belle langue inconnue que les loix font écrites ; loix multipliées a i'infini, & accompagnées d'exceptions innombrables. Vous voyez que dans ce labyrinthe le bon droit s'égare aifément; que le meilleur procés eft très-difflcile a gagner , & que fi un étranger, né a trois eens lieues de mon pays, s'avifoit de venir me dïfputer un héritage qui eft dans, ma familie depuis trois eens ans,il faudroit peut-être trente ans pour terminer ce différend , & vuider entièrement cette difficile affaire.

C'eft dommage , interrompit mon maïtre que des gens qui ont tant de génie &C de talents, ne tournent pas leur efprit d'un autre cóté, Sc' n'en faffent pas un meilleur ufage. Ne vaudroit-, il pas mieux, ajouta-t-il, qu'ils s'occupaffenta donner aux autres des le^ons de fageffe Sc de vertu, & qu'ils fiffent part au public de leurs lumières. Car ces habiles gens poffèdent fans doute toutes les fciences. Point du tout , répliqu3i-je , ils ne favent que' leur métier & rien autre chofe : ce font les plus grands ignorants du monde fur toute autre matière ; ils font en»* nemis de la belle littérature &C de toutes les

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