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346 i. e Monde

chante des airs d'allégrefTe k la louange du mort; on y raconte fes bonnes qualités , fans manquer jamais de faire une fatyre douce de fes défauts : c'eft comme la petite pièce comique qm fuit la grande dans nos fpecïacles. On y rit, on y profite. '

Le plus beau du fpecfacle eft 1'arrivée des cendres du défunt, que fes amis apportent dans une efpèce d'urne trés - précieufe & magnin"quementornée; on la place découverte fur le plus haut de la repréïentation. Cette cérémonie achevée.les plaifirs, les danfes, Ia muiique &c toutes fortes de jeux tant d'exercice que d'autre efpèce , recommencent & durent Ie refte de la journée ; enfuite chacun fe retire , laiffant les cendres de fon ami dans le fein de 1'air qui s'en charge, & va les verfer, par des chemins mconnus, dans les tréfors de la nature , qui fatf un nouve! individu de ce peu de pouffière. Amfi fe perpétue la race humaine.

Ces froides reliques étant bientöt diffipées, on détruit 1'appareil des funéraiiles : c'eft alors que ceux qui font affez touchés de la mort du défunt pour s'amufer è le pleurer , font dénoncés au magiftrat qui les condamné, comme des ingrats , a une amende pécuniaire applicable aux héritiers. On dit pour raifon de eet ufage, que celui qui aimoit affez ie défunt pour