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rocailles, nous ehtendïmes des hurfemens aftreux cjih fe-faifoient prés de nous. Je m'arrêtai & cherchai des yeux la caufe de ces cris; 1'obfcurité qu'il faifoitdans eet endroir, nous empêcha de difcerner les objets; je me coulai dans un comble oü fe paffoit une fcène horrible : plus de vingt monftres en environnoient un, & lui faifciènt foufTKr le tourment le plus terrible; les plus robuftes le tenoient, les uns alloient, venoient, & a chaque voyage rapportoient des paniers remplis de cailloux & de. rocailles; les autres fourroient dans la bouche de ce malheureux routes ces pierres aigues, & les lui faifoient entrer dans Ie gofier avec des manches de fer, & lesfouloient dans fon eftomac: je frémis d'un tel fpeótacle ; s'il m'avoit été pofïïble de fecourir le patiënt, je 1'aurois fait; mais que pouvols-je contre vingt monftres, dont la force d'un feul étoit capable de faire périr une armée toute entière de notre efpèce, Jelevai mes voeux a 1'Être fuprême, afin de le toucher de compafion pour eet Homme-ver, & je ne tardai pas _a comprendre qu'ils étoient exaucés.

En effer, peu de temps après, rous les monftres fe retirèrent & abandonnèrent le patiënt; dès que je conjechirai que je pouvois en approcher fans danger, je lefis; quél effroyablefupplice! 1'Homme-" ver étoit étendu, & ne refpiroit plus qu'l peine, fon eftomac étoit rempli de cailloux jufqu'a la

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