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Théorie des loix criminelles.

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autres, & qui, fi elle ne les force pas a avoir de bonnes mceurs , les oblige au moins a paroitre en avoir de bonnes.

Viol.

Les femmes ont imaginé une efpece d'honneur qui leur eft particuliere. Ce qu'elles appellent honneur phyjïque, n'eft qu'une chimère; leur honneur moral a les mêmes loix, les mêmes variations que celui des hommes. Le viol eft un délit contre l'honneur de la première clafie.

C'eft un crime rare , s'il n'eft pas même ( 18 3 ) imaginaire, & prefque toujours impoflible a prouver. II choque les loix naturelles & fociales ;

( 18? ) Qu'on juge de la vérité des accufations de viol par le trait fuivant. A Cantorbéri, un fergent du régiment Royal-Irlandois étant dans une auberge, concut le deffein de violer une fervante qui, après s'être défendue de fes mains & de fes pieds, tira un couteau de fa poche & en blefT'a le fergent fi dangereufement qu'il en mourut quarante-huit heures après. Les officiers de juftice s'étant tranfportés fur le lieu du délit, le coupable expirant leur paria ainfi : gardezvous de décourager la vertu, en humiliant ce qui mérite d'être honoré. Cette fille a fait ce qu'elle devoit, elle a fauvé fon honneur & le mien; grace a fon courage , elle eft vierge , & je ne ferai pas pendu; car je meurs a 1'inftant; & en lui rendant juftice, je fens qu'il eft des jouiflances plus pures que celles que le crime procure.

O Lucrece, Lucrece, que ne toi:rnois-tu donc fur ton infame raviffeur le couteau que tu eus le courage de plonger dans ton fein!