les économies. La liste des économies est close , a dit le ministère. Après la nouvelle organisation judiciaire qui est jiré|)arée, il 11’y a plus a songer a de nouvelles économies de quelque importance. Nous croyons cependant qu’il y a encore au builget des ai ticles dont la justification est difficile. II faudiait avoir le budget sous les yeux et i’examiner Irès attentivemenl pour les indiquer tous. La seconde chambre s’est acquittée de cette tache, et il nous a paru que, cette année surtout, el 1 e I’a remplie avec beaucoup de soin et avec franchise. Le ministère en a été piqué au vif. II a répoudu vertement, il a même menacé ia chambre de se retirer. Le budget a donc été voté, ou doit être voté en ce moment. Ce vote sera regardé comme hnirenx pour le pays. Car personne, a I’exception de quelques anti-révolufionnaires et conservateurs renforcés, ne désire le rempacement du ministère. Nous sommes eonvairtcu que sa retraite serail une grande perte, un malheur public. Maïs cela u’empêche pas que beaucoup d’observatious de la chambre ne soient fondées. II n’y a plus d’écoooinies possibles! II fa ut sYntendre. II n’y a plus de folies dépenses portées au budget , nous aimons a le croire. Le ministère est désiieus de ménager la bourse des eontribuables. Adirns. La plupart des fonctionnaires ne sont pas trop lurgement rétnbués. Nous n’en connaissons que trés pen dont les appointernents peuvent être réduits saus injus'ice. A l’excepiion de certains recevenrs et greffiers dont les émoluments exièlent ceux dYin général en act ivi té de service, des plus hants fonctionnaires, excepté peut-être quelques aulres fonctionnaires en petit nombre, il 11e nous sembie pas que les appointements puissent être rognés. Les rognures d’ailieurs nous paraissent mesquines. Si voos voulez être bien servi, payez , disons nous. Un fonctionnaire public doit être mis eu état de mener une existence honorable. II faut donc le payer convenablement. Mais nous avons pensé qn’il y a trop de fonctionnaires. II y a des fonctions qui pourraient être suppriuiées. II y en a qui pourraient être remplies sans rétribution , ou du inoins saus appointements fixes. Far exemple, les commissatres de milice. Ils touchent, chacun, si nous ne nous trompons, six cents florins fixes et, neuf cents de frais de bureau. Pourquoi faire ? Le couseil de milice se réunit tous les ans une fois, et iient uue vingtaine de séances. Tout le reste de l’année, il est inactif, messieurs les commissaires se protnènenf. Sont-ce la des fonctions qu’il faille rétribuer a l’instar de fonctions conlinuelles? Qui oserait soutenir qu’il n’y a pas la une économie a faire? Nous disons que Ton pourrait investir de ces fonctions un membre du conseil provmcial 011 un notable quelconque , qui peutêtre s’en chargeruit honoris causd, et qui eertainement s’en chargerail avtc empressement, rnoyennant une indemnité q.ielconque. Attribuer des appointernents de tsoo florins a des fonctionnaires qui ne travaillent pas un mois sur donze , c'est , a notre avis, gaspiller les deniers de l’Etat. C'est un abus dont les chambres ont Ie droit de demander le redressement. II y a bien d’autres abus de ce genre. La matière est riche. C’est un sujet extrêmement intéressant a explorer. Après l’organisation judiciaire , il n’y aura plus rien a faire , a t-on dit. Ouvrons l’almmach néerlandais de l’Etat oude la résidenee. Nous tombons sur le chapitre des nniversités. Combien de professeurs y a-t-il ? Cumptons. II y en a plus de trente h Leyde , il y en a prés de trente a Utrecht, et plus de vingt ?r Groningse. N’y at il rien èi économiser sur les nniversités ? Halte , nous dit-on : ne touebez pas... nous allions dire a la Reine. Qtii, a la Reine du monde, a la Science ! Nous n’y toncherons pas. L’enseignement est ce qui intéresse le plus la natinn. II ne faut pas craindre les dépenses qu’occasionne i'enseignement. Les dépenses universitaires sont comme la semence confiée a la terre, qui la reproduit au centuple. C’est par de pareilles dépenses que les natious s enrichissent. Ne les supprimons pas ! Mais , que dirait-on d’un cultivateur qui, ayant trois fermes a exploiter, cultiverait dans toutes les trois simultanément une production qu'il peut obtenir dans une seule avec un moindre personnel et avec moins de frais de toute sorte ? Ce cultivateur ne serait pas sage ; on dirait de lui qu’il n en'end pas son affaire. C’est le cas du gouvernement. Pourquoi avons-nous trois universités avec, chacurie, cinq facnltés? On a proposé de supprimer une ou deux universités ; mais on s’est bientót aperen que cela est impratieable, et que cela serait peut-être désastreux. Les villes de Leyde, d’Utrecht et de Groniugue sont en possession, il faut les y laisser. Maïs pourquoi ne ferait-on chez noos ce qui se fait en France ? La , il n’y a qu’tine seule univer sité ; maïs il y a beaucoup de facultés. A Paris, il y a le Collége de France et la Sorbonne pour les hautes Sciences et les lettres; il y a la faculté de droit et la faculté de médecine. Les unes sont sépurées des autres. Pourquoi ne faisons-nous pas de même ? Le nombre des professeurs a nos trois nniversités est de plus de quatre-vingts. II y a donc pour chaque faculté, en moyenne, seize profes seurs. Ell laissant la faculté !es lettres et de phiiosophie , et celle de théologie a Leyde, celle de droit h Utrecht,et celles de médecine et des Sciences a Gromngue , on pourrait sans augmentation de dépenses tripler les cours. Cela dounerait de I érnulation aux professeurs. Les élèves suivraient les cours les plus iristrtietifs ; les études en tleviendraient plus fortes. Nous aurions des facultés pareilles a celles de France et d’Allemagne. Dans quelqoex années, le corps de professeurs pourrait etre diminué. On pourrait réaliser une économie notable. II y aurait moins d'employés. Le matcriel serait moindre. Au lieu de trois jar lios botaniqnes , au lieu le trois musées ou cabinets , il n’en faudrait qu’un seul. Personne n’y perdrait. Les villes n'auraient pas a se plaindre. Quelques professeurs auraient a se déplacer. £\lais est-ce donc un si grand malheur? Nos officiers de l’armée de terre ne sont-ils pas forcés de se déplacer souvent , et même trop souvent? L’intérêt général doit il plier devant un intérêt privé? Les élèves ne seraient pas mécontents , car les moyens de s’instruire seraient augmenffi; pour eux. il est vrai qu’un certain nombre d’entre eux devraient s’éloigner davantage de leur domicile. Mais aojourd’hui les Communications sont si faciles. Qoand on se déplace, qu’importe de faire dix 011 vingt lienes de plus. C'est un si petit iueonvénient, que sans dou'e il ne saurait cootrebalancer les avantages de la tnesure que nous proposons. Les études doiveut être fortes; il ne faut, certes, pas en abaisser le niveau.ll importe, au cou'riire, de I’élever autant que possible. Nos universités peuvent être bonnes , excellentes, nous aimons a le croire. El les comptent des professeurs d’un mérite incontesiable. Mais ce n’est pas une raison (le dire avec assurance qu’il n’y a rien a faire. II y a a améliorer sans toucher aux études, ni par conséquent a la Science. La réunion des trois facult és similaires nujourd’htii divisées serait une économie sans perte ponr qui que ce soit. Notie pays est trop petit pour qu’il faille trois universités compiètes. C’est du luxe , et un luxe qui ne profite a personne. ---