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285. JANOT AAN LIONNE, 10 Aug. 1666 „au soir" »).

Je vous escrivis le 6 de ce mois au matin la retraite de l'armée. Depuis Tromp est retourné. II avoit donné la chasse jusques aux costes d'Angleterre a 20 petites fregattes angloises fort legeres avec toute 1'arriere garde, dans laquelle il y avoit 30 des meilleurs vaisseaux de toutes les provinces. Et, encore que le grand corps des Anglois soit mouillé a Schonwelde a quatre lieues d'ici, ledit Tromp n'a pas laissé de passer et de venir devant Flessinghes, et ceux qu'il avoit suivis sont aussi retournés a leur gros, oü on comptoit encore ce matin 105 voiles angloises.

M. de Wit, pensionnaire de Hollande, arriva dimanche, et, comme il venoit dans un jackt par la grande mer, il cournt risque d'estre pris des Anglois, vers lesquels il faisoit sa route, pensant que ce fut l'armée de Messieurs les Estats. Mais, ayant assez heureusement recognu les pavillons ennemis lorsqu'il en fut proche, il changea sa voile et vint eschouer en cette isle proche Dombourg, d'oü il se rendit par terre a Flessinghes et ensuitte fut a l'armée.

Je ne vous puis escrire les veritahles causes du mauvais succes de la bataille, paree que tous les chefs se deschargent les uns sur les autres et qu'il est a craindre que, jusques a ce qu'il y ait un chef de consideration, les ordres ne soieut pas bien suivis.

Les Zelandois et les Frisons, qui avoient la pointe, se plaignent d'avoir esté abandonnés et de n'avoir pas esté soustenus, comme on leur avoit promis.

Buiter dit qu'ils devoient venir a lui, puisqu'il ne pouvoit pas aller a eux, manque de vent. A quoi les premiers respondent qu'ils ne 1'ont deu faire, par 1'advantage qu'en auroient tiré les Anglois, outre qu'on leur auroit imputé cette retraite a lacheté.

Les uns et les autres parient contre Tromp, mais il dit qu'il croioit 1'avantgarde et la bataille jointes et meslez ensemble avec les ennemis, et que, pour oster auxdits ennemis le secours de 20 fregattes qu'il a suivies, il a tiré sur elles et leur a donné la chasse. Mais Ruiter et les autres qui ont esté au feu n'admettent pas cette cxcuse.

MM. les Estats n'ont perdu que 2 vaisseaux dont les ennemis n'ont pas profité, l'un bruslé par les Anglois, et 1'autre que le vice-admiral Bancker a faict perir, pour ne le pas voir prendre par les ennemis.

Le combat a esté fort sanglant, et on croit que MM. les Estats ont perdu 1500 hommes, sans les blessez qui sont en grand nombre.

II y a grande apparence que, si le vent n'eust pas esté contraire aux confederez et que toutes leurs forces eussent combatu, les ennemis ne seroient pas sur la coste.

1) A. E., Hollande 80, ff. 352—'54. — Uit Middelburg.

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