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veue d'une armée deux fois plus forte qu'elle n'est en esgard et au nombre des vaisseaux et a leur force, et après luy avoir faict connoistre toutes ces choses, S. M. désire qu'il le presse de s'advancer au pas de Calais et de la a la rade S.' Jean et mesme plus avant s'il est necessaire pour faire ladite jonction et mettre par]ce moyen l'armée de S. M. en seureté; qu'il luy fasse eonsiderer les ad van tages qui en re viendront a la cause commune, veue qu'en 1'estat on sont les deux armées, elles peuvent sans difficulté pousser et combattre l'armée angloise partout oü elles pourront la joindre, qu'elles pourront courre toutes les costes d'Angleterre, asseurer et ouvrir dans toutes les mers le eommerce au sujet desdits Estats, et ruiner entierement celuy des Anglois; enfin, que la retraicte après la campagne finie sera glorieuse et les dispositions grandes soit pour faire une bonne paix soit pour continuer glorieusement la guerre, et qu'il connoist si parfaitement les grands advantages qui en arriveroient a ses maistres et a tous leurs sujets, que S. M. ne doute pas qu'il ne se porte de luy-mesme a s'advancer et a faire en cela ce qu'elle a estimé necessaire pour le bien de la cause commune.

Au cas que ledit S.r de Ruyter soit encore malade sur son vaisseau et que sa maladie soit telle qu'il ne puisse agir, ledit S.r de Villequier s'adressera a celuy des officiers qui aura la principale authorité soubz lui.

S. M. desire que ledit S.r de Villequier donne advis de tout ce qu'il fera en cette négociation au S.r comte d'Estrades son ambassadeur extraordinaire vers lesdits Estats, conformément aux intentions de S. M. et aux ordres qu'Elle luy a donnez.

Ledit S.r de Villequier jdoit estre de plus informé que n'y ayant point encore de convention faite entre S. M. et lesdits Estats pour raison du salut" des pavillons, il se pourroit faire que ledit S.r de Ruyter par ordre de ses maistres feroit quelque difficulté de se joindre, dont neantmoins il ne se déclareroit pas, et comme S. M. veut aller au devant de toutes ces difficultez et continuer a donner auxdits Estats des marqués de sa protection et de sa bienveillance, Elle désire qu'il traicte de ce point avec ledit S.' de Ruyter; qu'il luy dise que S. M. demande auxdits Estats que leur pavillon soit baissé en presence du sien et quil soit salué de quinze coups de canon auquel son pavillon demeurant toujours en son estat ordinaire respondra de deux coups moins; que par toutes les informations que S. M. en a fait prendre et par les temoignages de tous les plus anciens officiers de la marine les pavillons des Estats ayaut toujours rendu cette déférence a celuy de S. M., Elle estime que ses maistres ne peuvent pas faire difficulté de continuer cet usage.

En cas que ledit S.' de Villequier trouve trop de difficulté a obtenir le salut en cette forme, et qu'il connoisse qu'elle pourroit rendre la jonction plus difficile, S. M. luy permet de se relascher a ce que le

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