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conduite, sachant bien que vous n'avez pas assez de vanité pour croire que vous n'en ayez aucuu et que vous recevez mes sentimens comme ia plus grande et la plus sensible marqué d'amitié que je puisse vous donner. Je vous diray done qu'il ne se peut rien adjouter a la satisfaction que je recois de la cbaleur et de 1'application que vous employez en toutes rencontres pour vous mettre en estat de faire quelque action qui puisse m'estre agréable; que j'approuve fort toute la conduite que vous avez tenue dans le commandement de mon armée pendant le voyage que vous avez fait, et mesme que j'ay fort estimé et la resolution prompte que vous avez prise d'entrer dans la Manche, et tous les ordres que vous avez donné en y entrant dans toutes les places et par toutes mes costes; que j'ay considéré tout ce qui s'est passé dans une rencontre si importante non seulement comme un effet de vostre fermeté et de vostre hardiesse pour entreprendre quelque chose de grand et de glorieux pour mes armes, mais mesme comme celuy d'un bonheur duquel j'espère que Dieu voudra bien continuer de les accompagner toujours comme il a fait jusques a présent; qu'en une occasion si importante et si hardie les capitaines des quatorze vaisseaux qui se sont separés de mon pavillon sont blamables, mais vous deves bien observer qu'en ane rencontre un peu moins importante le vaisseau qui porte mon pavillon doit estre toujours le plus pesant de mon armée, c'est a dire qu'encore qu'ü soit le meilleur voilier c'est a luy a regler sa manoeuvre de sorte que les vaisseaux les plus pesans le puissent suivre, estant bien possible qu'un ou deux vaisseaux s'en séparent Ou qu'une grande tempeste divise toute l'armée, mais dans un temps égal le nombre de quatorze est trop grand ponr ne le pas attendre. Après vous avoir dit toutes les bonnes qualitéz que je reconnois en vous et qui me donnent lieu d'esperer de vous voir bientost en estat de me rendre des services tres considerables, je veux aussy vous advertir d'un seul deffaut, qui est que vous voules trop faire les fonctions de tous les officiers de mon armée, en sorte qu'il semble que vostre zèle et vostre chaleur pour mon service veuille leur ravir la gloire et la satisfaction de me bien servir chacun dans sa fonction, surtout votre incliuation naturelle vous portant a tout faire. Vous avez peine a vous accomoder des fonctions d'un intendant; vous scavez que vous n'avez pu vous accomoder du S.r de la Guette, et je 1'ay osté par cette raison, après avoir fait choix du S.T d'Infreville comme du plus experimenté qui fust dans mon Royaume; vous ne 1'avez pu souffrir, et en même tems vous avez fort exagéré la suffisance et 1'habileté du S.r Arnoul pour faire voir que 1'incompatibilité ne venoit pas de vostre part; mais je ne scay, s'il avoit travaillé dans la marine, s'il vous auroit esté plus agreable. Vous avez esté bien aise que Brodart ne montast point sur mon armée navale pour vous delivrer toujours de ce qui pouvoit porter le nom ou quelque

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