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V A., vent nn peu considerer de prés 1'état ou la situation oü sont les affaires de 1'Empire, elle trouvera que ce que je luy dis est asses bien fondé; et que 1'invasion que le Ture fait en Pologne, et le sou. levement qui s'est fait depuis peu dans la Hougrie, luy sont plus a coeur que la preservation des Provinces-Unies; et je la puts asserter de science" certaine, que la cour de 1'Empereur commence deja a quitter les pensees de secours qu'ils avoient fait dessein d envoyer aux Païs-Bas, pour preserver la Pologne et la Hongrie, oü elle a beaucoup plus d'interest; et luy diray de plus que l'on songe seurement en cette cour-la d'estre admis dans le traite qui se pourra faire entre des deux Roys et les provinces restantes du Païs-Bas- et pour ce qui regarde 1'Espagne, les intelhgences que nous avons de leurs plus secrettes resolutions et conseils portent, qne bien loin d'estre dans la disposition de nous declarer la guerre, coinme Mr. le Comte de Monterey et ses ministres veulent vous le persuader ils sont dans la plus grande apprehension du monde que nous rompions avec eux, et font tout ce qu'ils peuvent pour nous donner satisfaction sur les plaintes que nous luy faisons de la conduitte du Comte Monterey. Pour-ce qui regarde M.'l'Electeur deBrandenbourg V A. cognoit mieux que je ne scaurois luy dire les intngues et les interets de cette cour, sur quoy elle scait qu'il n'y a pas grand fondement a faire; et, le Roy de France y a envoyé presentement quelqu'un avec des propositions qui pourroient bien le tenter a taire ce a quoy vous ne vous attendes point; de sorte que je ne doute point qu'après que V. A. aura bien consideré et examiné le tout, et fait une seriense reflexion, sans partialité ny preoccupation, qu'elle ne donne dans les sentimens des gens sages et prudens, qui sont d opinion qu'une mauvaise paix luy est plus avantageuse que la continuation d'une guerre mal soutenue. Si ces considerations de dehors ne sont pas assés fortes pour porter V. A. a souhaiter la paix, il y en a cent autres au dedans de vostre païs qui devroient la luy faire rechercher; en premier lieu, il faut qu'elle considère que son authonte n est que dans son enfance, et qu'elle n'est pas encore bien étabhe, ne subsiste que par la bonne volonté que les penples ont pour sa personne, et comme ces humeurs populaires sont fort inconstantes et incertaines, il est a craindre que dès que les succès ne répondront pas a ce qu'ils s'estoient] proposés, leurs inclinations changeront aussi, et que les ennemis de V. A. qui ne sont encore que trop puissans et vigilaus, se serviront de toutes les occasions qui s'offriront, pour detruire et décrier sa reputation et sa conduitte dans leur opinion; secondement, la guerre ne peut estre soutenue que par de grosses sommes d'argent, lesquelles il faut necessairement lever sur les peuples, lesquels, a la fin, se dégouteront, et perdront, peu a peu, 1'estime et la confiance qu'ils avoient en sa personne et en son gouvernement, qui est le seul

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