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elle ne sera non plus sujette a de si grandes despenses, taut par mer, que par terre; de sorte qu'elle pourra soulager ses peuples des grosses taxes et impositions dont les Estats ses predecesseurs les avoient chargés, et par ce moyen ils gouteront la douceur de son gouvernement, et luy donneront mille benedictions. Après avoir montré a V. A. assez succinctement les inconveniens qu'elle doit craindre dans la continuation de la guerre, et estant, comme je croy, convaincue des avantages qu'elle et ses peuples tireront d'une paix, il est question presentement de la pouvoir obtenir la plus favorable qu'il se pourra du costé de la France, a quoy je suis trés asseuré que le Roy vostre oncle y contribuera de tout son pouvoir, et le meilleur argument que je puis donner a V. A. sur cela, c'est que ce n'est pas seulement son interest qui le porte a la moderation, mais 1'inclination qu'il a pour vostre personne et vostre grandeur, et pour y travailler avec succès il faut agir de concert avec le Roy, et envoyer icy un ambassadeur ou deux, en qui vous avez une entiere eonfiance, et en même temps aussi a la France, et affecter qu'il y paraisse plus de formalité de son costé-la que de celuy-cy, et faire connóitre comme si tout effectivement se devoit faire a Paris, mais cependant se guider par les resolutions que l'on prendroit icy; en un mot leur donner 1'aparence et 1'exterieur, et de tacher a gagner quelque chose dans 1'essentiel. Si ce plan agrée a V. A. il est important de le mettre en execution le plustot qu'il se pourra, sur quoy j'attendray de ses nouvelles.

Après avoir releu ma lettre, j'ay creu y devoir ajouter cette consideration, que si V. A- approuve le projet que je luy propose pour la paix, je croy que pour le faire réüssir a son honneur et satisfaction, elle doit faire s'expliquer MM. les Estats en pleine assemblée sur le dessein qu'ils ont, soit pour la paix ou pour la guerre, et leur témoigner qu'elle est resolne d'embrasser aveuglement le party qu'ils prendront, et en même tems leur remontrer adroitement les grandes extremités a quoy il faut se resondre de cóté et d'autre, et leur dire que pour son égard, si elle estoit en liberté de suivre lessentimens que son age et son ambition, son incliuation et son interest luy inspirent, elle pencheroit du costé ou il y a plus de danger et de gloire a acquerir, et qu'elle s'estimeroit heureuse de pouvoir trouver 1'occasion de hazarder cent vies, si elle les avoit, a la défense de leur religion et de leur liberté, mais qu'elle préféroit le salut de la patrie et de leurs peuples a ce qu'elle avoit de plus cher au monde; qu'elle sacrifieroit avec joye et son ambition et son honneur et sa reputation a la paix, pourveu qu'ils la jugent necessaire en cette conjointure, et que s'ils veulent le luy ordonner, elle employera tout le credit et les amis qu'elle a auprès des deux Roys pour 1'obtenir aussi honorable et aussi favorable qu'il se pourra. Je demande un million de pardons a V. A. de la liberté que je prens de luy dire mes sentimens avec

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