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du matin annonca aux capitaines détachés que 1'heure de partir estoit venue, et qu'il falloit aller aux ennemis, ce qu'ils firent prestemenjt et et de bonne grace.

Mais contre la mauvaise opinion que les Anglois avoient d'eux, ils appareillèrent et se rangèrent en bataille sans estre inquiétés que des vaisseaux destachés. Le marquis d'Amfreville commenca le combat; il estoit bien dix heures. Cependant nous faisions force de voiles pour joindre la flotte ennemie qui portoit sous vent an nord- est et quelquefois a 1'est-nord-est.

M. le Prince Robert nostre général et qui commanda nostre avantgarde poussa celle des ennemis oü Tromp estoit; 4 de nos vaisseaux combattoient auprès de lui. Le détachement fust la cause de ce désordre, car peu de navires détachés se rangèrent a leur division, et plusieurs qui ne 1'étoient pas quittèrent leur poste. Cette faute dans la suitte a esté si glorieusé a nostre nation que je n'ay pas la force de blasmer ceux qui y sont tombés, et qui 1'ont faite, puisque les vaisseaux anglois sont pleins et chargés de leurs louanges. Le Prince Robert ne se lasse point de parler de leur bravoure, et toutes les fois que nous le voyons il nons dit que Thivals avoit 1'ame grande et qu'il n'en vouloit qu'a Tromp; les Anglois sont persuadés qu'il 1'auroit abordé s'il eust vécu assez pour cela; on peut dire de lui ce que Virgile disoit autrefois de. ses héros: Vitamque volunt pro laude pacisci- Les occasions de la guerre sont périlleuses mais la gloire qu'elle apporte a toujours passé parmi les braves pour une assés grande récompensé. M. de Thivals n'en aura point d'autre puisqu'il est mort d'un coup de canon; il est fort regretté du Prince Robert, et de tout le corps de la marine. M.™ d'Estival, le chevalier de Bethune et Louis Gabaret combattirent comme luy avec l'escadre rouge. Cependant le canon du Conquérant avoit démasté de son petit hunier et si maltraité le navire de Tromp que lorsqu'il voulut prendre vent devant il refusa de virer, ce qui 1'obligea de faire vent arrière. Cette manoeuvre le sépara de M.r de Ruiter et en sépara aussi dix ou douze navires qui le surprirent. Nous croyions que M. le Prince Robert qui le suivoit nous en rendroit bon compte, mais nous le vismes revenir le soir, et ne scavous encore comment il s'est tiré d'affaires. De tous ces mouvemens je n'en ay veu que la séparation du dit Tromp de sa flotte, et tout ce que je vous escris de plus les Anglois me 1'ont dit, car nous marchions en bataille, et allions droit a M. de Ruther qui marchoit mieux que nous; M.r des Ardens nostre contre-admiral et les vaisseaux de sa division firent grand feu sur la teste du corps de battaille des ennemis, et eux ne le soutenoient pas mal. Tourville qui monte le Sanspareil et qui est matelot du dit contre-admiral se fist remarquer: on lui a tué et blessé beaucoup de ses gens.

M.r le Comte d'Estrées le suivoit en bon ordre et sa division estoit

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