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fait passer dans le Foudroyant, après leur aVoir donné quartier.

Les raisons que dit M.r Gabaret pour faire voir qu'il ne pouvoit faire ni mieux, ni plus, ne seront peut-estre pas agréables a la cour, particulièrement lorsque le Roy et M.r Colbert sauront que ce vaisseau estoit monté de 66 pièces de canon et 200 hommes d'equipage, et qu'ils considéreront que le Foudroyant en a 450 et 70 pièces. J'aurois encore ceut choses a vous raconter de cette avanture que je supprime et que vous saurez d'ailleurs; il me suffit de vous dire qu'elles me confirmèrent dans 1'opinion que j'ay toujours eue et que vous savez. M. de Ruther et les vaisseaux de sa suitte virent eet abordage inyolontaire de part et d'autre. M.r le comte d'Estrées le vit aussi, et ils le regardèrent comme un duel qui devoit estre sanglant, et néantmoins il n'y a eu de sang répandu que celuy des officiers et deM/de Rivaux. Je souhaite que le Roy les fasse capitaines pour exciter le courage des autres a mériter ses gracês par leur vertu et par leurs belles actions,

Pardonnez-moy cette petite disgression puisqu'elle n'est pas hors de propos. Revenons s'il vous plaist a M.r Ruther qui pouvoit passer au vent de VApollon, du Glorieux, de Vlllwtre, de VAimabU, de VOrgueiüeux et de je ne sais quels autres navires, mais il n'en fist pas seulement le semblant.

La Reyne qui estoit au vent de 1'est comme je vous ay marqué cydevaut, et laquelle se laissoit aller doucement sur nous, 1'empescha sans doute de faire cette manoeuvre, qui estoit fort hardie, mais fort dangereuse, car il ne falloit qu'un abordage ou qu'un brulot pour le faire périr, mais jamais homme n'a temoigné tant de bravoure ni tant de conduite que ce général. L'Apollon que Langeron monte fust le premier vaisseau qu'il trouva après avoir essuyé la bordée de la Reyne; il arriva quoyqu'il pust lui passer au vent et le salue de 25 ou de 20 coups de canon, ce qu'il luy avoit envoyé en pièces de 24 et de 36. M.r Ruther salua epcore galamment et sans donner toute sa bordée tous les navires qu'il rencontra, et tous luy répondoient de leur mieux. Dès qu'il eut passé a 1'arrière du Glorieux le chevalier de Valbelle revira et Langeron aussi pour aller joindre le comte d'Estrées qui venoit vers eux en dépendant afin qu'ils pussent plus facilement se mettre dans les eaux du vaisseau la Reyne.

Cette manoeuvre et celle de faire servir sa grande voile quand M.r de Ruther revira sur nous, nous a sortis glorieusement d'affaires, car M> le comte d'Estrées luy fist perdre par la le dessein et 1'espérance qu'il avoit de nons percer, ou de nous pousser dans les sables, s'il se fust trouvé au vent avec les vaisseaux qui le suivoient.

Nous vismes en ce tems-la MV le Prince Robert qui revenoit au vent de Tromp et de son escadre avec laquelle il combattoit, et M.r de Ruther, après avoir joinct son arrière-garde oü il fust uu bon

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