Tekst
Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

de'troupes que le Roy d'Angleterre seroit peut-estre obligé d'entretenir dans son royaume pour vos desseins reciproques, V. M. seroit bien aise de luy rendre tous les bons offices qu'il pourroit désirer d'elle, et qu'il pourroit mesine après la paix se charger d'aller faire ce traité avec vous. Enfin, Sire, il m'a paru assès satisfait de V. M., mais il m'a dit que l'on auroit aeseurément bien de la peine a maintenir 1'alliance de la France dans le prochain parlement. Que les ministres mesmes qui me paroissent les plus affectionuez taschent a gagner la faveur du peuple et font entendre sous main aux membres dudit parlement qui sont les plus favorables aux Hollandois qu'ils ne soustiennent les interests de la France que paree qu'il est de leur obligation de secondér les désirs du Roy leur maistre, mais qu'ils seront bien aises que la eonduite dudit parlement leur donne moyen de luy faire voir une nécessité absolue de s'en séparer.

Enfin, il a voulu me rendre suspect la réunion du duc d'Ormont avec Milord Arlinton, et 1'admission de ce premier dans la jon te et dans les secrets dudit Roy.

Voila, Sire, tout ce que j'ay tiré de eet entretien, et, quoyque tout ce que me disent ces ministres les uns contre les autres ne doive estre considéré que comme un effect de leur hayne et de leur division, néantmoins il ne laisse pas d'y avoir quelque chose de véritable, qui doit d'autant plus faire appréhender les délibérations du prochain parlement, que les ministres du Roy, qui sont seuis capables par un bon concert d'y rémédier, sont a present si mal ensemble qu'il n'est pas possible de les réeoncilier.

180. COLBERT DE CROISSY AAN COLBERT, 31 Juli 1673»).

Le Roy d'Angleterre receut hyer une lettre de M. le prince Robert, dattée a la veue d'Alborough, d'oü il continue sa route par un vent assés favorable vers le Texel, et, pour n'estre point embarassé des troupes de terre dans un combat, il les envoye a Yarmouth, oü elles pourront estre facilement rembarquées en douze heures de temps et faire leur descente vers la coste de Nortolande au lieu appellé dans la carte le Helder, aussytost qu'on aura combattu la flotte ennemye, qui estant avertie que les troupes de terre sont parties en mesme temps que l'armée navale, et ne la voyant point venir vers le Schonevelt, oü ils sont, aprehenderont ladite descente versie Texel ou mesme la prise de la flotte des Indes, qu'ils attendent de jour a autre, et, pour y remedier, pourront bien quitter leurs sables et donner lieu audit Prince Robert de les attaquer avec advantage. Voila tout ce que

1) A. E., Angleterre 110, f°. 34. — Uit Londen.

Sluiten