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Le dimanche 30" il fit calme tout le matin, et 1'après-midi le vent estant a 1'Est nons portasmes au Sud, et mouillasmes la nuitavingtcinq brasses.

Le lundi dernier juillet sur les huict heures du matin nous mismes a la voile et découvrismes trois heures après la flotte de Hollande a deux lieues-de nous, sous le vent estant a 1'ancre a Schonvelt dans les bancs prés Flessingues; nous demeurasmes mouillés ce jour-la en leur presence environ quatre heures, mais M. le Prince Robert ayant assemblé les généraux il fut résotn de lever 1'ancre, et de tenir le Vent toute la nuit de crainte que les ennemis ne nous le gagnassent. Le mardy ler aoust a la pointe du jour noüs reconnumes que les Hollandois estoient a la voile sans néantmoins s'esloigner de leurs bancs, mais comme il avoit esté resolu qu'on ne les attaqueroit point nous fismes porter au large a petites voiles afin de les y attirer.

Cette ruse eut 1'effet que l'on en espéroit car les Hollandois nous suivirent avec tant de diligence qu'environ sur les deux heures après midy la teste de leur armée gagna entièrement le vent sur les deux tiers de la nostre qui estoit presque a deux portées de canon des ennemis; alors M. le Prince Robert qui avoit 1'avant-garde revira faisant passer l'escadre bleue a la teste, espérant que les ennemis arriveroient sur elle et qu'ils s'engageroient par ce moyen au combat, mais voyant qu'ils ne vouloient pas s'esloigner il ordonna a M.r Sprag de revirer aussi, après quoy les Hollandois en firent autant, et se retirèrent dans leurs bancs. L'on reconnut dans cette retraite que leur armée étoit composée de 70 vaisseaux, 20 bruslots et quelques flustes.

Depuis ce jo«T-la nous changeasmes plusieurs fois de route, mouillant tous les soirs jusques au 9" aoust, qu'estant a 5 lieues du Vlie prés le Texel l'on résolut de mouiller quelques jours en eet endroict-la pour donner terreur a toute la coste et obliger les Hollandois d'y mettre leurs principales forees pour empescher la descente, cette diversion rendant les conquestes du Roy plus faciles.

L'on fnt d'autant plus porté a demeurer a 1'ancre en ce poste-la qu'un des vaisseaux de l'armée de France prit deux jours après un bastiment hollandois venant des Indes dont la lest estoit de cuivre de valeur de 200.000 livres. II nous apprit que le reste de la flotte dont le mauvais temps 1'avoit séparé, n'estoit pas loin de la, et sur eet advis l'on destacha huict vaieseaux anglois, mais ils ne rencontrèrent rien. Deux jours auparavant il avoit esté résolu que l'escadre blanche auroit 1'avant-garde dans le combat.

Pendant onze jours qne l'armée demeura a 1'ancre prés de Vlie, il fist un si mauvais temps que M. le Marquis de Martel (quoyque les mats de hune et les vergues fussent amenées sur le pont) perdit en quatre jours trois cables et quatre gros ancres. Et comme il ne luy en restoit plus qu'nn sur lequel il pust s'asseurer, il fut obligé de

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