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ce qu'il fit avec toute force de voiles. M.r' de Ruyter et Tromp arrivèrent sur le gros de l'armée; M™. le prince Robert et Sprag les receurent avec beaucoup de résolution et d'honneur. M. d'Estrées au lieu de prendre le party de faire teste au gros de cette armée et de combattre un des pavillons, tint toujours au plus prés du vent, et par ce moyen esvitant il combat et laissa M™. le prince Robert et Sprag a soustenir toute l'armée des ennemis a la reserve de l'escadre de Zélande qui estoit aux mains avec moy, sy bien que M. d'Estrées se trouva dans un intervale entre M. le prince Robert et moy, oü il n'y avoit pas un seul vaisseau ennemy; il y demeura deux heures tantost le vent sur les voiles. Après il faisoit porter, mais s'esloignant toujours de M. le prince Robert et de Sprag qui faisoient un feu terrible les uns contre les autres; cela dura depuis huit heures du matin jusqu'a sur les unze heures sans que le Sr. d'Estrées eut tiré un coup de canon. Je fus assez heureux après un long combat quoyque peu assisté des vaisseaux de ma division de battre les Zélandois en leur gaignant le vent, leur ayant mis le feu a un de leurs bruslots d'un coup de canon, en avoir dégréé un de leurs plus forts, et de faire plier le vice-admiral vent arrière, lequel ne put éviter avec trois de son escadre de passer au milieu de la division de Mr. d'Estrées, ce qui luy donna lieu de tirer quelques coups de canon et d'en recevoir en passant quelques-uns; sans cela il n'auroit pas tiré en toute la journée un seul coup, et ce qu'il a tiré est comme rien, et fort honteux pour luy de n'avoir pas fait périr des vaisseaux maltraittez, et qui lui passèrent au travers de sa division. Sur le midy m'estant raccommodé et mis en estat de pouvoir faire voile, j'arivay sur l'armée des Anglois et des Hollandois qui se battoient furieusement. Mr. d'Estrées me voyant dans le dessein d'aller au secours des Anglois fist mesme routte, et comme nous en estions fort loing nous ne pusmes y arriver que sur les cinq heures du soir. Voicy la grande faute que Mr. d'Estrées a encore faite, car il pouvoit réparer celle du matin, cecy est Pévangile. Les Hollandois nous voyant arriver vent arrière sur eux se retirèrent du combat et firent un corps de quarante vaisseaux, croyant que Mr. d'Estrées fondroit sur eux, luy, qui n'avoit point combattu; et eux qui estoyent tous deslabrez et maltraittez du long combat, firent vent arrière afin de se battre en retraitte, et de gaigner la nuit qui estoit proche. Comme j'avois approché plus prés les ennemis que M. d'Estrées, je leur tiray quelques coups de canon, et partie de ma division leur en tirèrent, ne faisant qu'attendre Mr. d'Estrées pour donner tous ensemble, ou ses ordres ou signaux de donner, car il nous avoit lié les mains de ne faire aucune attaque sans son ordre a peyne de désobeïssance comme l'on peut voir par son escrit envoyé par Mr. le major. Mr. le prince Robert qui estoit proche et en estat de donner, voyant que le temps se perdoit et que Mr. d'Estrées au lieu d'arriver pour attaquer les ennemis tenoit

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