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les 5 heures et demie da soir, et ayaut dure neuf heures pour les autres, estoit entretenu par 4 ou 5 vaisseaux hollandois qui tiroient sous le vent, pendant que M.r le prince Robert se retira avee beaucoup de voiles et non pas avec peu comme il est allégué. Les brulots que l'on destacha ne firent aucun effect, paree qu'ils furent envoyés de loin et n'estoient pas soutenus.

Et ainsy finit cette bataille, lorsqu'il me vint un officier du Comte d'Estrées pour recevoir des ordres, et scavoir a quelle intention on avoit arboré un pavillon bleu sur la vergue d'artimon; de quy cela tenoit, puisqu'il n'y avoit pas d'instruction plus claire et plus facile a deviner entre tous les signaux pour combattre que celuy-cy, et de plus il ne manquoit pas d'esclaircissemens ces signaux ni d'instruction pour luy dire ce qu'il devoit avoir fait. — Tout le monde scait que 1'aide major des vaisseaux francois fut envoyé dans une barque a une heure et demie (barque longue) a bord du Souverain pour recevoir les ordres sur ce que M.r le prince Robert avoit fait et que l'on n'apercevoit plus l'escadre bleue, de sorte que ce fust longtems devant que le pavillon bleu eut esté mis a 1'artimon, et qne ce n'estoit pas a dessein d'apprendre ce qn'il vouloit dire par cela, mais il peut 1'avoir demandé de luy-mesme, paree qu'il n'avoit pas le livre des ordres: on le fit passer dans une barque longue qui d'ordinaire doublé le sillage des grands vaisseaux. Cependant il ne put avancer que sur les cinq a six heures, et quoyque l'on 1'eut apercu, le capitaine du Souverain n'envoya la chaloupe que sur les 8 heures, paree que l'on songea a autre chose dans le grand engagement qu'on soutint a 6 heures sur le prince Robert. II est vray que les ennemis se retirèrent, mais M. le prince Robert ne fit pas mettre de feux qu'il n'en fust parfaitement asseure. Quand |l'obscurité de la nuit fut venue les ennemis se retirèrent sur leurs costes, et M. le prince Robert avoit raison d'en estre satisfait, s'estant proposé s'il le pouvoit esviter de ne pas hasarder un nouveau combat. Et il est certain qu'il a lieu d'estre satisfait des Hollandois paree qu'ils ne 1'ont pas trop pressé dans sa retraitte; mais quant a la raison qu'il allègue pour n'avoir pas recommencé le combat le lendemain, il ne fallut pas d'autres asseurances des Francois et du comte d'Estrées que ces trois combats de la campagne; et pour ce qui regarde les capitaines dont il luy plaist de se plaindre, quand ou songe que l'année passée ayant esté surpris a 1'ancre on poussa les ennemis dans leurs bancs et on raportoit sur eux de véritables avantages, il est bien difficile que l'on puisse consentir a rejetter sur de si braves gens le fondement du dessein de ne pas combattre, au lieu [de le mettre a compte] du peu de désir que M. le prince Robert a tesmoigné en toutes les occasions de la campagne de retourner aux mesmes lieux le lendemain.

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