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de préparatiop pour le combatre, ne doutant point que les feux des isles ne 1'avertissent de nostre arrive'e, sy bien que nous passames toutte la nuit soubz les armes dans Paparenee que le lendemain a Ia pointe du jour les Holandois seroient a nous, mais n'estans point sorfas lédit jour 6e cela nous donna assez d'estonnement, et comme le temps n'estoit pas propre pour tenter 1'entrée du phare nous fismes bord sur bord sur les isles en nous disposant toujours et préparant touttes choses pour un combat asseuré. En effet le lendemain matin a la pointe du jour ils parurent au vent de nous vers le cap de Melasse et faissoient routte vers nous au nombre de 18 vaisseaux de guerre holandois compri8 l'admiral, vice admiral, contre admiral, et un vaisseau ayant une flame au grand mast commandé par le fils de Ruyter, et de plus un gros navire d'Espagne 8 brulots, une flutte, deux pataches d'avis, 9 gallères et une galliote. Nous cargames touttes nos basses voilles pour les attendre et nous mettions cependant en ordre de bataille; vers les trois heures après midy ils estoient a portée de canon au veut mais ils n'osèrent arriver sur nous, ainsy la nuit nous faisions routte pour les attirer au large, et eux suivirent aussy nos feux en nous observant, et tirant des coups de canon par intervalle pour s'en travestir. Mais par un effet d'une bénédiction céleste des armées victorieuses de S. M. le vent se mist a Ouest sur Ouest, si bien qu'a la pointe du jour le 8° nous avions le vent, et ayant fait eontremarehe et viré de bord par 1'arrière-garde et eux 1'ayant aussy viré on fist le signal d'arrivée sur eux a tous. Et sur les onze heures du matin M.r de Preuilly d'Humière qui se trou voit ce jour-la avoir 1'avant-garde avec sa division arriva couragensement sur celuy des ennemis et cominencant le combat le fist plier aussytost. M.r Duquesne arriva sur Ruyter, oü il se fist une canonnade la plus furieuse qui s'est jamais veue, ne voyant en 1'air qu'éclats et poussière, et la merbouillonnée de la quantité des boulets et de leurs bonds. La vérité fust que Ruyter plia aussy par deux fois, et une troisiesme par un brulot que nous luy envoyions, comme aussy le contre admiral par un autre que M. de Preuilly luy envoyoit, mais le Calme empeseha leur effet, outre qu'on les demasta de tous masts; ce fut trés asseurement une action tres vigoureuse du S.r Marquis de Beauvoisy et du Sieur le Roy oü le premier y a laisse la vie.

II n'y eut done que 1'arrière-garde des ennemis qui se tint a sa hgne et que la nostre ne fist pas plier, a cause du calme qui empeseha aussy le dessein que nous avions d'aborder les Hollandois qui nes'imputent pas a déshonneur d'estre obligés d'arriver devant nne force supérieure pour se mieux ménager. Effet ou auroit voulu en avoir une décision puisque le nombre d'ennemis se trouvoit égal au nostre et tous Holandois, ce que nous avons ardemment désiré pour faire voir a ces monstres marins que les Francois ont assez de vigoeur pour

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