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venger le peu de reconnoissance que ces républicains ont des bienfaits et de la protection de nos Roys, et du sang que leurs sujets ont versé a leur agrandissement. II n'y a rien eu de si sanglant que ce combat et de si opiniastre, ces M.™ n'ayant jamais esté contrahits de sy bien se deffendre dans la Manche, mais comme nostre invincible monarque doit après la bénédiction divine 1'advantage de ce combat naval a la valeur et a la capacite de M.r Duquesne son général, je suis obligé aussy de déclarer qu'elle se doit aussy a la bravoure des Messieurs que je nommeray ci-après suivant le rang de leur division qui se signalèrent sur tous les autres, scavoir en 1'avant-garde qui commenca le combat et qui donna de la terreur par 1'intrépidité avec laquelle elle arrivoit sur les ennemis, M.rs de Relingue et Chabert; dans le corps de bataille M.rs Duquesne, de Valbelle, de Tourville, de Léry, de Langeron, et de Coux; et a 1'arrière-garde M.™ Gabaret, Septeme, Gravier et Ferrière, dont le dernier a été tué. M.r Duquesne a un esclat a la jambe, M.r le commandeur de Valbelle au ventre et a la jambe, M.™ de Gabaret et de Coux eurent leur espée emportée de coups de canon les tenant nues en leur main; outres plusieurs officiers, matelots et soldats tués et estropiés. Tous les vaisseaux ont receu force coups de canon tant a fleur d'eau a leurs hauts, que dans leurs masts et vergues, le St. Michel, le St. Esprit, le Pompeux et le Témêraire estant principalement criblés de coups si bien qu'on peut dire que nous avons eu a faire avec de braves ennemis et d'adroits canoniers. Mais s'ils nous ont fait bien du mal on peut bien asseurer qu'ils en ont le doublé, d'autant que nous avons veu un de leurs petits navires de 1'avant-garde dont le grand mast tomba a bas, et que nous avons veu tomber les perroquets et le pavillon de Ruiter et sa vergue du grand husnier, outre le perroquet de fougue de leur vice-admiral, et sur le soir après le combat leur admiral amena sa grande vergue sur le pont.

La nuit fluit ce combat faisant un grand calme et les galères vinrent remorquer ledit admiral et quelques autres vaisseaux incommodés. Ils doivent avoir plus de monde tué que nous, d'autant qu'au lieu qu'eüx tirent a desmater, nous tirons au corps du vaisseau, et entr'autre au bord du St. Esprit, on ne tira pas un seul coup de canon qu'au vaisseau de Ruyter, outre que M. Duquesne arriva eux sur de plus prés qu'aucun de sa ligne pour les plus incommoder. M. Pasle son lieutenant mérite que je rende témoignage de sa bravoure et de la conduite qu'il a tesmoignée ce jour-la, et aussy les autres officiers dudit vaisseau. Quatre de leurs galères vinrent essayer leur coursière, mais le Sceptre tira un coup de canon de 36 de sa S.te Barbe qui les obligea au plus vite a faire soie vogue, car il donna droit dans la palamant d'une d'elles. La nuit les ennemis eurent le vent sur nous: nous mismes des feux plus qu'a 1'ordinaire, mais ils ne nous suivirent point, et le

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