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ee moment il survint un calme qui empeseha 1'exécution de eet ordre et qui ralentit la chaleur du combat, qui dura depuis 9 heures du matin jusques a 9 heures du soir. II a été sanglant et opiniatre, et les vaisseaux du Roy ont tiré plus de trente-cinq mille coups de canon. Dans le calme les galerès d'Espagne servirent beaueoup a remorquer les vaisseanx qui se trouvèrent mal traités, et qui ne pouvoient éviter d'estre pris ou coulés bas. Le S.r Ruyter s'est comporté en cette grande occasion avec toute 1'expérience et toute la fermeté qu'on devoit attendre de sa grande réputation.

Le S.r du Quesne, de son costé, a fait connoistre qu'il estoit digne d'estre opposé au S.r Ruyter pour la capacité et pour le courage; il a tesmoigné une connoissance parfaite des manoeuvres, des vents de la mer, en sorte qu'ayant dessein de prendre les mesmes avantages que le S.r Ruyter vouloit prendre sur luy, il scut si bien s'en servir, qu'il obligea le S.r Ruyter de dériver devant luy. Le S.r de Preuillyd'Humières et les chevaliers de Valbelle et de Tourville, chefs d'escadre, ont fait tout ce que l'on pouvoit espérer du courage et de la capacité dont ils ont donné plusieurs témoignages. Tous les capitaines, chacun dans leurs postes, et le chevalier de Chaumont major, ont fait leur devoir avec beaucoup de valeur. Le chevalier de Lhéry qui montoit le dernier vaisseau de la division du S.r du Quesne, s'estant trouvé presque au milieu de 1'arrière-garde des ennemis, qui n'avoit pas dérivé autant que le corps de bataille, soutint avec une fermeté extraordinaire le feu de 4 vaisseaux qui se trouvèrent a portée de 1'attaquer.

Le lendemain 9 les dix vaisseaux de Messine joignirent le Sieur du Quesne qui demeura dans le mesme endroit durant tout le jour. Les ennemis se joignirent aussi aux vaisseaux espagnols commandés par le Prince de Montesarchio, et ils parurent le mesme jour ayant le vent sur les vaisseaux de France: mais ils se tinrent toujours éloignés, et quelque envie que fit paroistre le Sieur du Quesne de les attirer a un second combat, il ne put les obliger a approcher.

Le jour suivant ils se retirèrent a Melazzo et l'armée francoise se mit a la voile, passa devant Palerme, fit le tour de 1'Isle et entra quatre jours après dans le port de Messine par le sud. Et tous nos vaisseaux en sortiront en peu de jours, si les ennemis demeurent dans ces mers.

Nous n'avons perdu que trois brulots; les Hollandois y ont^ perdu leur contr'amiral et deux autres vaisseaux qui ont coulé bas. L'armée ennemie estoit de 24 vaisseaux de guerre, neuf galerès, et quelques autres batimens. Toutes les nouvelles asseurent que les ennemis ont fait une trés grande perte d'officiers et de matelots.

Morts et blessés.

Le Sieur du Quesne lieutenant général, le Sieur de Valbelle, chef

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