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1'ennemi fit voile, et en s'approchant nous reconnumes que Ruyter Ja commandoit, ce qui me surprit, en ayant veu dans toutes les occasions oü je me suis trouvé depuis 40 ans contre les Espagnols que leur amiral avoit toujours fait 1'avant-garde: mesme l'année dernière au combat vers le fare oü M. le duc de Vivonnne batit les Espagnols, 1'amiral faisoit la teste de son armée« et moi celle des 9 vaisseaux du Roi, et avec 3 d'iceux je combattis 1'amiral ennemi et toute sa division. Dans eette dernière affaire ici il en a esté autrement, 1'amiral d'Espagne ayant fait le corps de bataille et moi celle de l'armée du Roy, ce qui a esté cause que je n'ai eu affaire a Ruyter que sur le milieu du combat.

La division de M. d'Almeras fesoit 1'avant-garde et le ö.r Gabaret l'arrière-garde, et toute l'armée estoit fort bien en bataille, attendant les ennemis qui venoyent aussy en bataille a bon vent, et comme nous estions lors a veue d'Angouste le vaisseau la Sirène qui avoit été coupé par les ennemis plusieurs jours auparavant et contraint de se retirer dans ce port, nous voyant, mit a la voile, et nous vint joindre un peu avant que l'on fit feu du canon, qui eommenca sur les 4 heures après midy, et de fort prés, par les avant-gardes des deux armées, oü le combat s'eschaufa premièrement et pendant une heure le feu y fut trés grand: lors voyant que 1'amiral d'Espagne n'approchoit pas assez, je fis d'avantage de voile avec ma division, en ayant fait le signal auparavant a notre avant-garde afin de me donner lieu de partager le feu des ennemis les plus proehes. Alors 1'amiral d'Espagne qui n'avoit tiré que de loin arriva a bonne portée sur nous pour seconder son vice-amiral et celui de Hollande qui nous avoit attaqué, et comme toute l'armée du Roy estoit sur une même ligne en tenant le vent au plus prés, cela fesoit que les ennemis qui mettoyent souvent leur hunier en panne s'approchoient de notre ligne en dérivant, de sorte que nos canons fesoyentun grand effect sur eux, dont 4 de leurs gros vaisseaux dematés seroient tombés en nos mains sans les galères d'Espagne qui les vinrent prendre et les remorquer hors la portée de nos canons, non pas sans en avoir essuyé plusieurs volées. Dans ce temps-la, il y eut quelques vaisseaux de nostre avant-garde dont les esquipages s'esbranlèrent après la mort de leur commandant M. Dalmeras, ayant été tué d'un boulet de canon :M. de ramboneau d'un semblable coup dans le commencement, le Sr. Decoux blesse' d'un éclat dont il est mort ensuite, et le Sr. de Cogolin aussi blessé, mais non si daugereusement. Après que ces 4 vaisseaux démastés et un cinquième dont nous ignorons 1'incommodité furent sauvés par les gallères, 1'amiral Ruyter se trouva peu aecompagné: il fut contraint de mettre le vent sur ses voiles pour donner lieu au vaisseau qui estoit derrière lui de le rejoindre, en sorte qu'il tomba en travers du St. Esprit qui estoit entre le Sceptre et le St. Michel desquels il essuya un si grand feu qu'il fust obligé de revirer le bord a la faveur de la

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