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ou ia Jeune Vieille. 407 dans un pays tempéré , oü l'on ne trouvoit aucun animal dangereux. Ce fut la que Brillant eut tont le tems néceflaire pour admirer les tendres foins de ces bons & vérirables amans. Son cceur fut pénérré en voyant leur amour; il étoit v;f, il étoit pur , fans jaloufie & fans facrifice. Enfin c'étoit l'amour ami , qui réunit tous les dtfirs & comble toutes les néceflités. Les fruits feuls les nourriflbient, ils étoient produits fans culture par une terre toujours ornée de fleurs , arrofée de petits ruilfeaux d'une eau toujours claire & nette qui ne grofliflant jamais n'apportoit aucun obftacle pour les traverfer. L'afped de tant de beautés produifoit les comparaifons riantes de leurs converfations ; il embelliflbit 1'expreflion & la peinture de leurs fentimens ; ce beau pays leur donnoit enfin & leurs idéés & leurs befoins. Les oifeaux troubloient feuls ou plutót amufoient & décoroient leur folirude ; ces heureux amans ne craignoient point le dégout, ils s'aimoient comme au premier jour. Le fouvenir de ce qu'ils avoient fouffert toujours préfent a leur efprir , augmentoit leuts jouiffances; leurs cceurs, leurs gouts, tout étoit d'accotd. Cette tendre union ne leur ayant jamais donné d'enfans , rien ne leur faifoit envifager 1'avenir & routles attachoit au ptéfent. Ce fut la que Brillant apprit a aimer ou plutót a connoïtre le véritable amour. Ce-

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