Tekst
Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

JJO HlSTOIRE

Ia femme du lieutenant général, qui boitoit a ne pouvoir fe foutenir. C'étoit une trés-grande &C groffe femme, agée de foixante ans. Elie avoit toujours été laide, & fi vaine, que fes regards n'étoient qu'orgueil : elle étoit fi haïe, & fon mari aufli , qui n'éroit pas moins orgueilleux qu'elle, qu'on avoit craint que 1'orgueil & la laideur de cette femme ne 1'euflent mife al'abri de boiter : mais on eut la-deffus ample fatisfaction; Ie poids de fon corps la faifoit boiter plus pefamment & de plus mauvaife grace. Ce fut une grande confolation pour les deux autres que "de voir ainfi une femme que fon orgueil faifoit tenir fi droite auparavant, boiter alors fi bas , qu'elle ne pouvoir prefque plus fe foutenir.

Après elle parut dans la falie une femme fi mignonne, qu'on auroit dit qu'on ne la faifoit fuivre que pour faire un contrarie avec celle qui favoit précédée. Elle étoit fi déliée & fi petite, le vifage fi blanc & fi rouge, avec un air enfantin , quoiqu'elle eüt prés de trenre ans, qu'on auroit dit qu'elle n'en avoit pas feize-, c'étoit une poupée, Elle chaufla le fabot d'une manière plus modefte que timide, marcha, boita, mais boita avec tant de graces & de légèreté, qu'on battit des mains.

La femme qui vim enfuite, offrit un fpeétacle bien différent. On auroir dir encore qu'on l'avoit fait fuivre exprès. C'étoit la femme du préfident

Sluiten