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XÏV Av ER TISSEMENT

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a pourtant quclqucs-unes qui le font defcendre des eomtcs de Gornouailles , & qui rapportent qu'ayant époufé la rille d'un feigneur Anglois noramé RivalonMurmaffbn, il en eut une princeife d'une rare beauté, appellée Aliénore qui dans fa tendre jcuneffe étoit d'une mélancolie fi profonde, qu'elle avoit prés de treize ans qu'on ne 1'avoit pas encore vu rire.

Dremru\ qui n'avoit qu'elle d'enfant, & qui 1'aimoit avec paflion, reflentoit toute la doulcur poflible de vair fa fille plongée dans cette humeur fombre. II inventoit tous les jours, pour la divertir, mille nouveaux jeux qui ont depuis pafte jufqu'a nous; tels que font ceux du muet, du métier a deviner, du gage touché, des proverbes, des propos interrompus, des jaloufies, des aveugles, de la folie, &: tant d'autres qui amufent encore aujourd'hui les jeuncs gens, mais rien ne lui réuflit mieux que de faire lire a la princeife , des fabliaux , c'eft ce que nous appellons aujourd'hui des contes des fées. Ons'appercut qu''Aliénore prêtoit plus d'attention a cette leclure qu'a tout autre plaifir ; aufli-töt les plus beaux efprits Bretons fe faifant un mérite de plaire a. leur roi cn divertiffant la princeffe , lui apportèrent de nouveaux contes a 1'envi 1'un de 1'autre.

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