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f Les Soirees

fement il ne fortit pas de fa place. Je pa'flai encore quelques heures a examiner ce monftre avec attention ; il ne faifoit aucun mouvement qui ne me fit friffonner d'horreur, Sc je crus enfin voir mon der nier moment, lorfque le dragon s'étant tout d'un coup élevé , plana quelque tems par la caverne , Sc s'abbatit enfuite a mes pieds. Ma frayeur redoubla alors ; mais je fus furpris qu'au lieu de me faire aucun mal, il fe mit a lécher une pierre noire , dont paroiffant réjoui, il retourna a fon gite jufqu'au lendemain a pareille heure, qu'il recommenca Is même exercice, Sc qu'il continua les jours (va* vans , fans que j'ofaffe fortir de mon trou. Cependant la faim me preffant, je réfolus de me procurer la mort , puifqu'auffi bien je ne la pouvois fuir. Je quittai donc mon afyle entremblant; le dragon me regardoit faire, fans abandonner fa place , Sc fembloit prendre part a ma misère. Je me baiffai enfia fur cette pierre noire , croyant que ce monftre horrible lui auroit communiqué le venin dont il devoit être rempli; Sc dans 1'efpérance d'être bientöt délivré de tous mes maux, je la léchai comme je le luiavois vu faire ; mais dans le moment même je fentis, avec furprife , que 1'horreur de la faim que je fouffrois fe paffoit, que mon eftomac étoit entièrement foulagé, Sc que mon corps

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