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Bretonnes. ï£ Votre adreffe. Vous voyez ce cerf; fi vous pouvez d'un feul trait lui percer 1'oreille gauche, & le pied de derrière du même cöté , je ne réfifte plus a vos defirs. N'efi-ce que cela , fire , lui dis-je en riant : je fuis donc füre d'obtenir bien« tot toutes les prérogatives dües a ma naiffance. Alors ayant ramaffé une petite balie de terre, que j'ajuftai] a 1'un des bouts de mon are qui étoit creufé en forme de houlette , je la lancai droit en 1'oreille gauche du cerf qui ,fentant le fretillement que la balie lui fit en fe brifant „ s'arrêta tout court; & du pied de derrière du même cöté , fecoua cette pouffière qui 1'importunoit. II étoit dans cette attitude, lorfque, fans perdrede tems , je décochai une flèche fi jufte , qu'elle lui enfila 1'oreille & le pied. Le roi fut tellement furpris de ce dernier trait, qu'il demeura imrnobile. Nous revïnmes au palais,fans qu'il proférat une feule parole; aucun de fes courtifans n'ofa entreprendre de le tirer de 1'humeur noire dans laquelle il étoit plongé Sc je commencai a me repentir de lui avoir fait connoïtre que j'étois en droit d'obtenir par mon induftrie, ce que fon eoeur ne devoit pas me refufer avec tant d'obflination.

Apeine fümes nous de retour au palais, que ce prince, feignant d'être fatigué de la chaffe, entra dans fon appartement, &: m'ordonna dq

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