Tekst
Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

BretoNnes. 95 je me rendis bientöt a la porte du palais de 1'ifle des Flammes. Tout le monde me regardoit avec étonnement; Jamais aucun étranger n'avoit impunément abordé dans cette ifle toute de feu; il falloit être naturel du pays, pour y pouvoir vivre, ou Salamandre tout au moins, pour écarter les Flammes, qui étouffoient tout mortel. Je n'avois Fair ni de 1'un ni de 1'autre; mais le bouquet fleuri que je tenois a la main,furprenoit encore davantage. On n'avoit jamais vu croitre aucune fleur dans cette campagne , tout y étoit fee & brülé; & les fleurs que je portois devoient avoir déja perdu leur beauté, & leur couleur naturelle, fi elles n'avoient pas été cueillies par la main de 1'illuftre fée qui, après les avoir préparées, en avoit fait préfent au fage Famagongoma.

On alla auffi-töt donner nouvelle de mon arrivée au roi qui paroiffant étonné de ce prodige, m'envoya ordre de venir lui parler. Je le fis, fans héfiter, & après 1'avoir abordé avec un profond refpecï : grand monarque , lui disje, ce n'eft pas fans miracle que je me trouve fur vos terres, & que j'ai le pouvoir d'y refpirer un air fatal au refte des hommes ; mais Ia puiffante Pandrague, dont le nom eft connu par-tout le monde, m'a communiqué cette yertu, pour venir vous affurer de fa protection,

Sluiten