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Ji8 Les Soirees

d'une laideur effrayante , Sc reffembloit k 1'é-

pouvantable Gorgonne.

Le mérite de ce miroir ayant été connu par 1'infcription qui fe trouva divinement gravée dans le moment qu'il acquit cette terrible vertu; il fut gardé avec grand foin par les defcendanS d'Atlas, Sc étoit parvenu par fucceffion de tems jufqu'a Rochedure qui habitoit fur upe mon» tagne inacceffibie a tous les mortels,

II ne falloit pas moins qu'une fée auffi puiffante que la bonne Légère pour s'emparer de ce tréfor, Venus lui prêta fon fecours, Sc cette fée, après s'être rendue maitreffe de ce miroir par des aventures qui feroient trop longues a raconter, le tranfporta dans le garde- meuble de Jamaisvu , Sc fit caffer le miroir de la prin» Ceffe , pour y mettre celui-la en la place.

La joie brilloit dans les yeux de Bel Efprit > nen ne retardoit plus fon voyage ; uniquement occupé de fa princeffe, il mit bientöt a la voile , jnuni de la flatue de Vérité Sc du miroir de Sageffe; mais comme fes frères Sc lui avoient fujet d'appréhender le reffentiment de 1'empejeur de Sobarre , s'ils en étoient reconnus , ils réfolurent de fe déguifer. Bei Efprit qui avoit ïe plus d'intérêt dans cette arfaire , fe fit faire wn hab'u de peau d'ours, appüqué fi juffement fur lui qu on 1'eüt pris pour un aftreux fauvage^

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