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x8o Le Prince

beau, ce que 1'art avoit de plus parfait. Environnée de gens qu'elle aimoit, elle goütoit dans ce palais une tranquillité qu'elle n'avoit jamais éprouvée. Les princeffes en trouvoient auffi le féjour enchanté. Elles aimoient la mufique, & les plus habiles muficiens du monde fe trouvoient a leur fuite. Ces deux jeunes perfonnes étoient auffi belles que bien faites, cependant elles n'étoient pas également aimables. L'ainée , nommée Aigremine, étoit fiére t envieufe, vindicative & cruelle. La cadette étoit douce, complaifante, & n'avoit point de plus grand plaifir, que celui d'obliger. Elle avoit dans 1'efprit & dans le caraaère mille charmes qui la faifoient aimer de tous ceux qui la connoiffoient; auffi avoit-elle mérité le nom d'Aimée. cllefentoit pourfafceur une amifié véritable, quoiqu'elle n'ignorat pas qu'elle en étoit haïe. Un jour, après en avoir effuyé mille reproches, paree qu'elle ne vouloit point paroïtre en habit. négligé a un bal oh il devoit fe trouver beaucoup de monde , elle fut fe promener toute feule fur le rivage, pour diffiper le chagrin que 1'humeur de la princeffe fa fceur lui avoit caufé. Aigremine , de fon cöté, alla dans la forêt , pour imaginer une parure qui put effacer celle de. fa fceur : occupée de ces penfées, elle jjiarcha long-tems, fans s'appercevoir du cbe,

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