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io4 L e Prince

ques réparations faites a leurs vifages. II en voyoit qui , avec un pied de rouge , quelques mouches placées avec art, & beaucoup de fleurs & derubans,s'imaginoient qu'on les rrouveroit aimables malgré leur laideur, & qu'elles pcurroient difputer de charmes avec les plus jolies perfonnes. Cet 'effet ordinaire de 1'amour propre des dames ne furprit point le prince ; il favoit qu'elles ont toutes apporté en naiffant cette bonne opinion d'elles - mêmes ; mais ce qui 1'étonna, ce fut de rencontrer chez tous les hommes ce même amour prcpre auffi fort, & toutes ces petites foibleffes qui rendent le beau fexe méprifable. I! avoit toujours entendu dire que les hommes étoient le plus parfait ouvrage de la nature , & il avoit ajouté foi a ces difcours fans trop les approfondir : mais il penfa bien autrement lorfqu'il eut étudié ces créatures fi parfaites , il connut aifément que la plupart n'étoient o c cup ées que de bagatelles ; il vit que les unes partageoient leurs jours foit a leurs toilettes , foit a la table ou bien au jeu , ou qui pis eft , a faire les paffionnées fans éprouver une véritable paffion. II reconnut que les autres paroiffoient dans les compagnies non pour y raifonner avec efprit & bon fens , mais feulement pour y répéter quelques pointes fades qu'ils avoient entendu dcbiter, quelques bons

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