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manière a rendre possible 1'activité d'une Haute Cour. Ainsi le Comité éviterait de dépasser son mandat; ce qui arriverait, au contraire, si 1'on adoptait la proposition du P r é s i d e n t qui suggère l'établissement d'une Haute Cour, indépendante de la Cour Permanente de Justice. On donnerait également satisfaction aux scrupules de conscience de M. Hagerup et, enfin, on indiquerait a l'Assemblée la direction qui parait la plus désirable en cette matière.

Mr. ROOT déclare qu'il prend un grand intérêt a la proposition du Président. II a pensé qu'il était désirable d'établir entre les nations ci vilisées un accord sur la facon dont on devait traiter les crimes contre les principes universellement reconnus de 1'humanité, de la justice et de la morale. La proposition du Président, si éloquemment supportée par M. de Lapradelle, a par conséquent toutes ses sympathies.

II voudrait done que le fait que le Comité n'est pas fermé aux idéés dont s'inspire cette proposition fut clairement exprimé; mais il reconnait que des difficultés sérieuses se présentent. D'abord il faut qu'il y ait une loi pour qu'il puisse y avoir une punition. Les Etats étant les seuls sujets de droit international, un particulier ne peut être puni que si 1'acte qu'il a commis est punissable selon le droit national applicable en 1'espèce, c'est a dire, si 1'acte qui viole la loi des nations compromet en même temps la paix et la dignité du pays dont la loi est applicable.

Dans ces circonstances la question se transforme en une question de souveraineté. II s'agit en effet de savoir dans quelle mesure un État déterminé est disposé a modifier les exigences de la souveraineté en vue de permettre aux représentants d'une autre souveraineté de punir des actes commis sur i son territoire. Cette question implique celle d'un individu qui doit obéissance a deux autorités différentes. Un officier qui obéit a son gouvernement peut être considéré par la Société des Nations, dans un cas déterminé, comme commettant un crime contre le droit international. Si cette opinion prévaut, 1'autorité de la Société des Nations prime la souveraineté de 1'Etat. Ceci est inadmissible, tant que 1'on ne peut s'autoriser que de principes généraux. II faut que les cas soient nettement définis. Autrement on créerait le „sur-Etat:" une grande autorité centrale, exercant son pouvoir sur les Etats, jusque-la indépendants.

Mr. Root croit qu'il faut faire une distinction. II y a un domaine de justice punitive qui est entièrement séparé de celui qu'on est maintenant en train de discuter; c'est 1'application des lois de

define the crimes and assess the penalties in order to make the operation of a High Court possible. In this way the Committee would not exceed its mandate, which would be the case if, on the other hand, the President's proposal, which contemplated the establishment of a High Court independent of the Permanent Court of Justice, were adopted. The conscientious scruples of M. Hagerup would also be satisfied, and lastly, an indication of the most désirable line to take in this connection would be given to the Assembly.

Mr. ROOT declared that he took a deep interest in the President's proposition. He had long feit that it would be désirable to establish an understanding between civilised nations as to how crimes against universally recognised principles of humanity, justice and morality should be dealt with. He consequently' sympathised profoundly with the President's proposal, which had been so eloquently supported by M. de Lapradelle.

He would therefore like the fact that the Committee was not opposed to the ideas on which this proposition was based to be clearly recorded; but he recognised that some serious difficulties existed. In the first place, unless there is a law to be broken there can be no penalty for breaches of it. As only States are subjects of International Law, an individual can only be punished if the act which he has committed is punishable according to the national law which applies to the case, that is t'o say, if the act, which constitutes a breach of the law of nations, also affects the welfare and dignity of the country whose law is applicable.

Under these circumstances, the question transforms itself into one of sovereignty; it practically amounts to a question as to how far a given State is prepared to modify its sovereign rights, in order to allow representatives of another sovereign State to punish acts committed within the former's territory. This question involves another: the situation of an individual owing allegiance to two different authorities. An official who obeys his Government may, in a given case, be considered by the League of Nations as having committed an offence against International Law. It this opinion were upheld, the authority of the League of Nations would supersede the sovereignty of the State, and, so long as the only authorisation for this is based on general principles, it is inadmissible. Cases must be clearly defined, otherwise a " super-State" would be created —a great central authority exercising its power over States which, up to that time, had been independent.

Mr. Root thought it necessary to make a distinction. There is a sphère of penal justice, which

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