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Essais de syntaxe française moderne

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Le subjonctif.

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L'bistoire nous prouve que le subjonctif — que le latin ignoraitici — s'est beaucoup moins facilement introduit après le premier, le dernier, qu'après Ze seul et après le superlatif: ainsi dans un prosateur comme Villehardouin, aussi bien que dans un poète comme Chrétien de Troyes, qui connaissent déjè le subjonctif après le seul et après un superlatif, on ne rencontre encore que rindicatif après le premier ou le dernier— [A moins que la forme verbale en question ne se trouve dans 1'apodose d'une phrase hypothétique: Si fust cou la cose première, Dont je vos fesisse proiiere, Que vostre nom me deissies, Se defendu nel m'eüssies (Perc., 9728), cf. Bischoff, op. cit, p. 96] — Or, 1'élément négatif étant certainement plus fortement senti dans Ze seul et dans un superlatif relatif que dans Ze premier, le dernier, nous voyons lè un nouvel argument en faveur de la thèse de M. Delibes — et en même temps un joli exemple de la facon dont 1'étude historique de la langue peut contribuer è éclaircir certains problèmes posés par 1'étude de la langue actuelle. Mais il est clair également, me semblet-ü, que 1'élément positif-subjectif aussi, la «subjectivité de 1'évaluation» est plus grand dans Ze seul et dans le superlatif relatif que dans Ze premier, le dernier, et cette circonstancelè peut tout aussi bien être une des causes de l'introduction tardive du subjonctif après ces derniers mots — ce qui me semble un argument pour Ja thèse que nous défendons ici et qui compléte celle de M. Delibes.

Voici encore un cas oülaprésenced'unélémentsubjectif-affectif me semble évident Prenons la fameuse phrase de Bodsseau, citée par Tobler1: Je fis pour mes cinq ou six sous un des bons diners quej'aie faits de mes jours. L'adjectif emphatique bon aurait-il réellement la valeur d'un superlatif relatif, comme on le prétend? B m'est difficile d'en être certain, et même de le croire. D'abord: pourquoi Boussead n'aurait-il pas mis alors meilleurs? Mais surtout: la valeur d'un adjectif emphatique ne peut être, il me semble, que celle d'un superlatif absolu

1 Tobler, Vermischte Beitrage zur Französischen Grammatik, ii, p. 15.

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