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Alph. Wyatt THIBAUDEAU (vers 1840 — vers 1892), marchand d'estampes et auteur, Paris et Londres. — Estampes et dessins.

Alphonse Wyatt Thibaudeau a été i'une des figures les plus notoires du (fön commerce d'estampes, mais sa carrière de marchand fut courte, n'ayant duré 24fa qu'une quinzaine d'années. Fils natua sec re' c'u comte Adolphe-Narcisse Thibaudeau (1795—1856, celui-ci fils du comte Antoine-Claire, ministre sous Napoléon), il hérita du vif amour de l'art que cet amateur avait toujours manifesté. L'ezcellente préface intitulée «Lettre & 1'auteur sur la Curiosité* que le comte Adolphe Narcisse écrivit pour le Trésor de la Curiosité de Ch. Blanc, paru en 1857, montre combien il était le type du vrai collectionneur francais, bon connaisseur et savant historiën. Ch. Blanc a d'ailleurs dignement fait son éloge dans un article qu'on trouve dans le 2e volume de son ouvrage susdit p. 548. Ce que le père avait réuni en trésors artistiques, surtout en dessins anciens, fit 1'objet de cinq ventes après sa mort: 9 mars 1857, Tableaux, dessins modernes, meubles, objets d'art, — 13-14 mars 1857, Tableaux anciens, — 20-25 a/vril 1857, Dessins (cat. par Ch. Le Blanc), — 18 mai, Estampes (cat. par le même) et bibliothèque, — 20 févr. 1858, Tableaux anciens. Le fils, bien qu'encore un adolescent a cette époque, s'occupait déja sérieusement de 1'étude de l'art, profitant non seulement de 1'exemple de son père, mais aussi des encouragements d'un ancien ami de celui-ci, le collectionneur His de la Salie (voir n° 1332). L'histoire des anciens amateurs 1'intéressa dès ses débuts; remarquons d'ailleurs que son père avait possédé une série intéressante de catalogues annotés, acquis a la vente Woodburn. II termina le 6 nov. 1857 «un petit travail* sur le collectionneur le comte Tessin et il établit pour M. de la Salie un cahier de marqués de collectionneurs, relevées sur les dessins de la belle collection de cet amateur. Ce fut le commencement d'une profusion de notices, augmentées continuellement, jamais mises a profit et acquises après sa mort par le Cabinet des Estampes de Berlin. Ces notices nous ont rendu de précieux services dans la compositum du présent ouvrage. Thibaudeau s'était toujours proposé d'en faire naitre le travail que eonstitué enfin le présent volume, mais ses affaires 1'en empêchèrent. Tout jeune, il ne publia que des notices partielles, intéressantes d'ailleurs, dans la Gazette des Beaux-Arts de 1859, sous le titre Marqués et monogrammes de quelques amateurs célèbres, et un article sur le «Libro dei disegni» de Vasari. Après que Fagan eut publié, en 1883, ses Collectors' Marks, Thibaudeau, qui aurait pu faire mieux, grace aux matériaux déja réunis par lui, parut se décider & se mettre au travail, et annonga «pour paraitre dans le courant de l'année 1885, a la Librairie d' Art, Jules Rouam, Paris* 1'ouvrage continuellement ajourné. La publication n'a jamais eu lieu; les difficultés rencontrées au cours du travail, difficultés avec lesquelles nous avons nous-même trop peu compté au début, 1'auront sans doute rebuté; il ne pouvait, trop occupé par ses affaires, sacrifier le temps nécessaire pour les vaincre. Ce n'est que vers 1873 ou 1874, a la suite de revers de fortune, que Thibaudeau s'était mis au commerce des dessins et estampes, bien modestement d'abord. Mais ses affaires ne tardèrent pas a prendre de 1'importance. Homme de bonne éducation, ayant une solide instruction première, et trés sympathique, il obtint vite la conf iance de nombreux amateurs anglais et francais. D les représenta dans les célèbres ventes de cette époque et souvent

leur acheta et revendit, a 1'amiable, dés lots importants (voir e.a. au n° 2072, Mls de Chennevières). A Londres, il forma en grande partie la collection d'autographes d'Alfred Morrison et en publia les trois premiers volumes du catalogue (voir n° 151). A Paris, il servit d'intermédiaire entre les héritiers de Lord Dudley et le duc d'Aumale, avec lequel il était dans les meilleurs termes, pour 1'acquisition par ce dernier du célèbre tableau de Baphaël «Les trois G races«. Tout en s'occupant de l'art ancien, Thibaudeau fut en même temps un champion des aquafortistes francais contemporains. A 1'exemple de son ami Poulet-Malassis (n° 1906), avec lequel il publia en 1877 le Catalogue raisonné de l'oeuvre d'Alphonse Legros, il introduisit a Londres les ceuvres de Meryon, Fantin-Latour, Bracquemond, Legros et beaucoup d'autres, recherchant en même temps les estampes de Seymour Haden et Whistler. Ainsi s'explique qu'il ait pu procurer tant de données intéressantes a Wedmore lorsque celui-ci prépara son catalogue de Whistler, paru en 1886. A Londres Thibaudeau avait son bureau et magasin 18 Green Street, St. Martin's Place, derrière la «Nat ional Gallery* ; dans les dernières années il eut comme collaborateurs E. F. J. Deprez et Otto Gutekunst, plus tard associés de la maison P. & D. Colnaghi & Co. La fin de sa carrière ne répondit guère a sa vie de gentleman et de marchand respecté. Sa situation financière étant embarrassée par suite, dit-on, de pertes de jeu, il se laissa aller a emprunter sur des peintures qui n'étaient pas sa propriété. Au moment de rembourser, comme quelques centaines de livree lui manquaient pour faire face a ses engagements, il s'éclipsa en 1889, partit pour 1'Amérique (Etats-Unis) oü il mourut bientót après, comme employé dans une compagnie de chemin de fer. Aussitót après sa disparition un procureur anglais fit saisir ce qui restait en estampes, dessins et livres, principalement en faveur de L. Meder, de la maison Amsler et Bnthardt de Berlin, le principal créancier. Thibaudeau avait plus ou moins collectionné pour lui-même, mais cette collection se confondait avec son stock. Autre marque au n° 2412.

VENTE: 1889, 9—13 décembre, Londres (direction Sotheby). Estampes, reeueils, dessins, livres d'art, autographes, catalogues de ventes, peintures, plaquettes et médailles «sold by order of the Trustee under a Deed of Assignment* (vente judiciaire). 1194 n" Dans les estampes (n°« 521—1033) beaucoup de modernes (277 n0>), surtout Bracquemond (16 n°"), Gaillard (17 n0* e.a. La Vierge, 1'Enfant et St. Jean, d'après Botticelli, épr. d'essai £ 7 7s.), S. Haden (49 nM e.a. Etudes a 1'eau-forte £29 10s., «Shere Mill Pond* £ 8), Legros (109 n" e.a. Portrait de Thomas Carlyle, 3» ét. £ 6 10s., La Mort du Vagabond lr ét. et contre-épreuve £ 4 6s., le Canal lr ét. £ 5 15s.), Meryon (22 noa, mais pas de pièce importante ; Le Collége Henri IV 3» ét. £ 2 8s.), Whistler («Black Lion Wharf* £ 3). Des publications de la «Arundel Society*. Bonne série de portraits de différents pays et époques (164 n0* e.a. W. Faithorne «John, Viscount Mordaunt*, coll. Brodhurst, et une autre pl. £ 5 7s. 6d., W. Humphrey, Madame du Barry, d'après Wilson, lr ét. £ 5 5s.). Dans les anciens, surtout Bembrandt (e.a. Le Paysage au Chasseur, 2» ét. £ 10 5s.) et Hollar (e.a. «The Spanish, English and Dutch fleet off Deal Castle* £ 7 7s.). L'intéressante série des catalogues de ventes (environ 1500) fut adjugée £ 202 a Asher & Co., et passa au Cabinet des Estampes de Berlin. Dans les dessins (119 n°") les plus fortes enchères, pour les anciens, furent de £ 21 pour un Guardi, plume et sépia,

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