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qui a dit, Cecy est raon corps, etc. Ceux de 1'eglise Romaine, qui sont les plus grans glosateurs dos Escritures sainctes, et mesme qui veulent attirer les hommes a croire ce qui n'est point en 1'Escriture, demeurent icy attachez a trois ou quatre petits mots, sans y vouloir admettre ou receuoir aucune exposition: et maintiennent leur opinion par fer et feu: se vantans aussi faussement (comme desia nous auons dit) de 1'antiquité en eest endroit. Or nous deuons noter en premier lieu, que nos aduersaires disent que nostre Seil>. 83 gneur // a dit, Le pain que ie donneray, c'est ma chair, laquelle Iean 6 ie donneray pour la vie du monde. Ils disent la dessus, que le Seigneur promet de donner du pain, et dit que ce pain est sa chair: Quand (disent-ils) il a donné du pain, n'a-ce pas esté en sa Cene, lors qu'il a dit du pain qu'il donnoit, que c'estoit son corps? Mais les bonnes gens se trompent tresgrandement en ce qu'ils ne considerent pas les paroles. C'est chose claire qu'il appelle sa chair pain en ce passage: et veut dire qu'il la donnera a la mort pour la vie du monde, or que ce passage ne se peut rapporter au Sacrement, il est manifeste. Premierement il dit, Le pain que ie donneray, c'est ma chair. II vse d'vn verbe (a sauoir, est) du temps present, S'il eust parlé de sa Cene, il eust vsé du verbe futur, et eust dit, Le pain que ie donneray, cc sern ma chair: mais puis qu'il vse d'vn verbe et mot lequel denote le temps futur, ainsi que feroit ce mot, Sera: et outre, ce qu'il est tout certain par le recit p. 84 des quatre // Euangelistes, que Iesus Christ n'a institué la Cene sinon vn peu deuant sa mort: il est tout seur que ces paroles du chap. 6. de sainct Iean ne se peuuent aucunement entendre de la Cene, aius seulement de la mort et passion. Youlant donc lors Iesus Christ donner a entendre, que comme par le pain materiel la vie du corps est entretenue, qu'aussi par sa mort et passion (en laquelle sa chair souffriroit pour nous) la vie eternelle nous seroit donnee et maintetenue, il dit que sa chair est comme le pain: Le pain, dit-il, que ie donneray c'est ma chair: monstrant qu'il donne le nom de pain a sa chair, non pas qu'elle soit transsubstantiee en pain. Ainsi pareillement en sa Cene il change le nom du pain, et luy donne le nom de son corps: en quoy il n'y a non plus de transsubstantiation. Et d'auantage chacun sait bien aussi que le pain de la Cene n'est pas donné pour la vie du monde. p. 85 En apres, il est tout euident qu'-//en ce passage il n'est parlé de la Cene par ce qui est lè, dit, Qui ne mange ma chair, ct boit mon sang, il riaura point la vie eternelle. II s'ensuyuroit que tous ceux qui n'auroyent fait la Cene seroient damnez: ce que nos aduersaires ne veulent dire: mais il n'est la question que de sa chair, qu'il appelle du nom du pain, et du breuuage de son sang,

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