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Criminalité et conditions économiques

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C. VlOL ET ATTENTAT A LA PUDEUR SUR DES ENFANTS.

Un examen de 1'étiologie des crimes sus-dits démontre qu'une grande partie des individus qui s'en rendent coupables appartiennent a la même categorie de criminels que ceux qui commettent des crimes sexuels sur des adultes. S'ils séduisent ou violent un enfant et non une femme, c'est par des circonstances accidentelies (occasion, manque de force corporelle, etc.), ce sont des brutes qui veulent satisfaire a tout prix leur instinct sexuel; pourtant, ils ne sont pas pervertis. Quoiqu'il y ait une différence quantitative entre celui qui viole un adulte et celui qui commet eet acte sur un enfant (dans ce sens que celui-ci est encore plus grossier et plus égoïste que celui-la), il n'y a point de différence qualitative entre les deux, du moins, quant a une grande partie des criminels dont nous nous occupons maintenant. Nous ne pourrions que nous répéter si nous traitions encore amplement 1'étiologie de ces crimes.

Comme pour les crimes dont il est parlé plus haut, il y a aussi pour les crimes sexuels sur des enfants une forte augmentation vers le printemps, le maximum est atteint au rnois de Juin, après lequel il se manifeste une diminution, qui est la plus grande en hiver. ') Les données statistiques pour la France font voir aussi que dans ce pays, les périodes de prospérité économique amènent un accroissement, et celles de dépression un décroissement de ces crimes (Voir Lafargue p. 293, Garraud et Bernard, o. c., p. 408—409), ce qui justifie la supposition qu'il en est de même dans d'autres pays. Comme il a été dit aussi pour les crimes, dont j'ai traité dans la section précédente, tout cela ne nous renseigne que trés peu sur 1'étiologie de ces crimes; 1'intensité de la vie sexuelle en général s'élève et s'abaisse suivant les changements des évéments économiques.

Ici aussi ce sont les mariés qui y participent moins que les célibataires et les veufs; les classes pauvres s'en rendent plus coupables que les classes possédantes (voir p. 670); les illettrés et les personnes qui ne savent que lire et écrire figurent aussi dans la statistique avec des chiffres proportionnellement plus élevés que les gens civilisés,2) et 1'alcoolisme se range aussi parmi les causes importantes de ce méfait. 3)

1) Voir e. a. le Dr. R. Garraud et le Dr. P. Bernard, p. 404—405, »Des attentats a la pudeur et des viols sur les enfants". (Arch. d'anthr. crim. I).

2) Quelques cas de crimes sexuels sur des enfants sont causés par 1'extrême ignorance et 1'affreuse superstition dans les plus basses classes de la population, qui croient que le coït avec un enfant est un remède contre des maladies vénériennes. (Comp. sReports on the law relating to the protection of young girls", 1882, p. 37; le Dr. P. Ladame, »De la prostitution dans ses rapports avec 1'alcoolisme, le crime et la folie", p. 24—26; et A. Amschl, »Aberglauben als Heilmittel", p. 397—398 (Archiv f. Krim.-Anthr. und Kriminalistik, XV).

3) L'augmentation en France, dans le courant du XlXe siècle, des cas de viol sur des enfants s'explique probablement, pour une grande partie, par l'augmentation de 1'alcoolisme. L'accroissement réel de ces crimes n'est pourtant pas aussi grand que les chiffres le font supposer. II faut être trés prudent quand il s'agit de conclure du mouvement des chiffres, portant sur une longue période, & un accroissement ou un décroissement réels de la criminalité. De même ici: l'augmentation énorme s'explique, en grande partie par deux révisions de la !oi pénale (1832 en 1863), qui ont élargi la conception de ce crime, en second lieu, il est probable que la police a été améliorée