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jours Ie deraier. Partout et sans cesse, il se lenait en la présence de Dieu. Ouand une dislraction lui survenait, il la chassait promptement, mais sans s'en inquiéter heaucoup. II savait que les distractions qui nous viennent quand nousprions sont, comine toutes les aulres tenlations, de ces choses que nous ne pourons pas loujours empècher ni prévenir; qu'il suffil, pour ne pas offenser Hïeu, de n'y conscnlir pas. C'esl pourquoi il ne s'étonnait ni ne se Iroublait aucunement de se surpréndre parfois distrait dans son oraison; seulement, aussilót qu'il Ie remarquait, bannissant toute inquiétudeet lout dépit intérieur, il ramenait doucement son espril vers Dieu par l'une ou 1'autre aspiralion pieuse, ou quelque courle invocalion. — A Ie voir a genoux devant Ie Saint Sacrement, on aurait dit un Séraphin tout brülant d'amour. II enlrelenait d'ailleurs ce feu sacré de dévotion envers la Sainte Eucharistie par de l'réquenles visites a Jésus dans son tabernacle et par des communions presque quolidicnnes. II aimait beaucoup aussi la Très-Sainle-Vierge, l'insigne palronne de son Ordre; et pour lui témoigner son aflection filiale, en même teinps que pour s'assurer sa maternelle proieclion, il ne manquait aucun jour de réciter son office, et cela avec toute la révérence, 1'attention, la dévotion dont il était capable.

Au reste, il n'ignorait pas combien l'observation du silence est nécessaire pour entretenir en nous l'esprit d'oraison. A eet égard il était de la plus slricte exactitude : jamais il ne parlait, a moins qu'on ne l'interrogeat, ou qu'il ne se vit obligé de Ie faire par obéissance ou par charité. Aticune parole oiseuse ne sortait de sa bouche, et s'il en entendait dire aux autres, c'élait a son grand regret. Souvent méme il cherchait charilablement a les corrigcr de ce défaut: ainsi, lorsque se trouvant avec les autres Frères laïcs, oecupé comme eux des travaux manuels propres a leur profession, par exemple, laver les tuniques, hêcher Ie jardin, nettoyer les ustensiles de cuisine, si quelqu'un d'eux amenait une conversation trop séculiére, il cherchait immédiatement a Ie rappeler a Ia pratique du silence. II arrivait alors parfois qu'on Ie taxail de présomption, de vouloir faire ainsi la lecon aux autres. Ce reproche immérité ne Ie fdchait pas, ne Ie troublait aucunement: il recourait aussilót a sa manière ordinaire des excuses, qui était de se prosterner contre terre et de reconnaitre sa faute. Heureuse faute, bien plus digne de louange que de blame!

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