Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

ils élaient renfermés dans la forteresse de Bomora, furent de li conduits a Nangazaki. Pendant (oat Ie parcours, on les entendait exhorter les chrétiens a persévérer dans la Foi. « Cette foi en Jésus-Christ Notre Seigneur, jusqu'ici, disaient-ils, nous ne vous l'avons préchée que par nos paroles, aujourd'hui nous vous en montrons Ia vérité et les confirmerons par nos ceuvres. En même temps nous vous assurons que, de même que nous exposons de très-grand coeur, pour la défense de la méme foi, la vie que Dieu nous a donnée, ainsi et avec Ie méme empressement, si nous en avions plusieurs, nous les prodiguerions toutes pour l'amour de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui a sacrifié la sienne dans un excès d'ineffable charité pour les hommes. » Ils adressaient aussi la parole aax Infidèles, qu'ils pressaient d'abjurer leurs erreurs et de se convertir a Jésus-Christ, l'unique Sauveur du monde, sous peine d'en avoir a attendre après cette courle et misérable vie un marlyre sans soulagement, sans mérite et sans fin.

Dés qu'ils furent arrivés è l'endroit destiné au supplice, ils saluèrent dans un transport de joie les instruments de leur marlyre, comme autrefois saint Andréavait salué avec amour la croix oü il allait étre immolé. Puis, s'approchant des poteaux auxquels on devait les attacher pour y étre brülés vifs, ils se mirent, chacun agenouillé devant Ie sien, a les embrasser avec une sainte allégresse, a les couvrir d'amoureux baisers et de larmes de bonheur. Les bourreaux alors s'emparèrent des martyrs, et les liérent aux poteaux au moyen de cordes tissues a la légère avec de la paille de riz. Les patients auraient pu aisément rompre ces légers liens, s'ils n'avaient été attachés plus étroitement encore par ceux de la charité divine répandue dans leur coeur. Les tyrans s'étaient promis que leurs victimes, a la vue de ces faibles liens, leur auraient donné Ie barbare amusement de les voir s'agiler et se déjeter ca et la autour de leurs poteaux, pour essayer d'en rompre les cordes; mais a mesure que Ie feu, qui devait brüler leur corps, gagnait d'intensité a l'extérieur, l'ardeur de la charité, qui les dévorait au-dedans, allait s'enOammant toujours d'avanlage. Les uns se mettaient a genoux devant leurs poteaux en signe de respect; les autres se tenaient debout, Ie corps complétement immobile, les yeux tournés vers Ie ciel oü se tressait leur couronne. Tous faisaient paraltre une lelie joie intérieure, qu'un grand notnbre de religieux mélés è la foule qui se pressait autour des martyrs, enflammés è la vue de ce speclacle d'une sainte et noble émulation, fu-

Sluiten