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rent sur Ie point de se déclarer ouvertemenl et de s'exposer a une morl eertaine ; et ils l'auraienl fait, si leurs supérieurs ne les en avaienl empêchés.

Sur la place oü allait ainsi se consommer ce glorieu* martyre, il y avait cinq énormes monceaux de menu bois. Après qu'on eut lont placé a 1 enlour de chaque poteau, sur une circonférence de 4 a b mètres, on mit le feu a lous ces büchers. Les sainls confesseurs de la Foi devaienl y élre rótis a pelit fen, et y souffrir autanl de la fumée que de la chaleur, pour que leur supplice en füt plus long et plus lenl. Malgré que leurs corps fussent déja atleints par les dammes, a peine cependanl leurs vêtemenls en avaient-ils soufferl. Le bois paraissant insuffisant pour les consumer lout entiers, on en ajoula d'autre, en y mêlant une grande quanlilé de paille de riz. Mais, 6 courage insurmontable! au plus fort de leurs tortures, les généreux marlyrs, lout en invoquant pour eux le très-saint nom de Jésus, conlinuaient de s'adresser a haute voix a la mullitude, et de prècher la Foi chrétienne avec une force et une constance qui étonnaient cl ravissaient tous les spcclaleurs.

Quoique les lourmcnls fussent les mêmes pour lous, ils ne furent pas cependant pour lous d'une égale durée. Les uns expirèrent plus lót, les aulres plus lard. II était midi environ lorsqu'on alluma les büchers. II en esl qui vécurenl jusqu'au lendemain malin, d'aulres moururent dans la nuit, d'aulres n'curcnl a souflrir que quelques heures. Le vénérable Père Richard n'eut qu'une agonie de deux heures. Son corps avait été rapidement soffoqué par la fumée et les flammes, et son ame s'élait envoléc au ciel pour y jouir du Iriomphc avec Celui dont il avait si fidèlenicnt prouvé la gloire ct si magniliquement élendu le royaume sur la terre.

Plus de 40,000 chrétiens furent présents a ce spectacle, qui fut d'aulant plus solennel que le nombre des marlyrs était plus considérablc. Car, outre le P. Richard et ses 22 compagnons qui périrenl par le feu, on trancha la léte, le même jour, a trenle Japonais qui leur avaient donné l'hospitalile dans leurs maisons. Cependant la personne qui avait accueilli ches ellc le P. Richard, celte Lucie de Fleiles dont nous avons parlé plus haut, fut aussi brülée a petit feu. Arrivée sur la place publique, elle encouragcail, un crucifix S la main, les aulres femmes qu'on allait décapiler. Les bourreaux lui arrachèrenl ce crucifix et l'accablèrent avec brutalité de coups de poings el de balons, pour lui imposcr silcncc. Mais loin de se taire, elle se mit avec enthousiasme a chanter le beau canlique du Magnificat. Parfois elle s'in-

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