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générale, si on ne la transforme pas en boisson alcoolique, que si on en fait du vin. C'est ce que nous démontrerons, dans un instant.

Mais je veux d'abord vous dire quelques mots du second exemple que j'ai choisi: la bière.

La bière, comme le vin, subit une crise. Qu'il s'agisse des bières anglaises, des bières bavaroises, des bières autrichiennes, peu importe: on en consommé moins aujourd'hui qu'autrefois. A Munich, par exemple, la consommation, en 1900, était de 453 litres par tête d'habitant. En 1910, elle était seulement de 260 litres. Nous avons tout lieu de croire et d'espérer que ce n'est pas la une crise passagère, et qu'au contraire la bière, étant considérée de plus en plus comme un poison, et non plus comme du „pain liquide", constituera toujours moins ün moyen d'enrichissement pour ceux qui la fabriquent et qui la vendent. La vérité est que les pays oü 1'on produisait le plus de bière, sont précisément ceux oü le mouvement abstinent a fait le plus de progrès. C'est le mouvement abstinent qui intervient ici dans 1'économie politique. Sans ce mouvement, il faudrait dire que la bière est, au point de vue économique, un produit trés supérieure au vin: la culture du houblon et celle de 1'orge sont beaucoup moins difficiles et moins aléatoires que celle de la vigne; la fabrication de la bière se fait suivant des procédés industriels, qui permettent d'établir des denrées de types nettement définis et parfaitement stables. Mais c'est le mouvement abstinent qui intervient ici pour faire de la profession de brasseur une profession moins brillante aujourd'hui qu'autrefois. On ne peut donc plus dire que la bière constitue un élément capital de la richesse générale. C'est un produit qui déchoit peu a peu, et qui, au point de vue économique, perd chaque jour de son importance.

Et, si nous disons que la bière et le vin perdent peu a peu leur importance au point de vue économique, que dirons-nous des boissons distillées: eau-de-vie, cognac, genièvre, et des boissons a essence: vermout, bitter, absinthe, etc? Ceux qui fabriquent et qui vendent ces poisons violents ne peuvent se faire d'illusion: ils savent que 1'humanité refusera de plus en plus de se laisser intoxiquer. II est vrai qu'ils luttent de toutes leurs forces pour conserver a leurs produits une place bonorable sur le marché. Mais ils sentent fort bien que leur commerce est frappé a mort, et ils cherchent seulement a le faire vivre, — et a en vivre, — le plus longtemps possible.

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