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une oeuvre vaine, si nous disions aux gouvernements. „Les recettes pergues par vous sur les boissons alcooliques sont funestes; mais nous ne vous proposons pas d'autres recettes, pour les remplacer. Les gouvernements nous repondraient: ,,C est bien regrettable. Mais il faut bien que je couvre les dépenses prévues a raon budget. Si je ne puis pas percevoir d'impöt sur les boissons alcooliques,

je suis en déficit."

II faut donc, de toute nécessité, que nous proposions aux gouvernements des recettes de remplacement.

Beaucoup d'antialcooliques suggèrent une solution qui me parait plus satisfaisante en théorie qu'en pratique. Ils disent. „C'est trés simple. Que 1'on supprime les dépenses destinées aux armées de terre et de mer. Que les peuples mettent tous bas les armes. Alors on n'aura plus besoin de recettes aussi considérables. Et 1'on supprimera purement et simplement les impöts sur les boissons alcooliques, sans les remplacer par quoi que ce soit.

Ceux qui proposent cette solution oublient deux choses.

La première est, qu'un mouvement irresistible entraine les peuples vers toutes sortes de dépenses nouvelles. Parmi ces dépenses, les unes sont destinées a améliorer la situation des travailleurs, a organiser des assurances sociales, a perfectionner 1 hygiëne et la sécurité publiques; les au tres consistent a entreprendre de grands travaux d'intérêt général, qui transforment les conditions de la vie, et qui représentent 1'effort le plus gigantesque qu aient jamais ten té les hommes, pour se rendre maltres des forces naturelles; or, ces entreprises, qui consistent a creuser des ports nouveaux et des canaux, a capter les forces des cascades pour transporter ces forces a de grandes distances, a multiplier les voies ferrées, a affronter même les voies des airs, toutes ces entreprises qui bouleversent les conditions de la vie, sont extrêmement coüteuses. Aussi ne peut-on supprimer aucune recette, fut-ce rr.eme celle qui résulte d'un impöt détestable, sans apporter de suite une recette de remplacement. Autrement, on arrêterait le cours-même de la vie moderne, et 1'on retarderait une évolution pourtant nécessaire.

La deuxième est que, si les peuples doivent un jour mettre tous bas les armes, ce jour-la n'est pas encore venu. Or, il y a déja des Etats qui sont prohibitionnistes: certains Etats de 1 Amérique du Nord et du Canada, 1'Islande, la Nouvelle Zélande; il y en a d'autres qui le seront prochainement: la Suède, la Norvège. II

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