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CHAPITRE II Les premiers jours de guerre

Petite ville, Dinant somnolait au bord de son fleuve aux eaux lentes, quand l'ultimatum allemand du 2 aoüt 1914 vint troubler la quiétude de ses habitants.

On ne vit pas se produire de manifestations belliqueuses, mais aucune divergence d'opinions ne s'éleva au sujet de la réponse que rit le Gouvernement Beige a 1'outrageante proposition. On savait quel était le devoir. On 1'accepta sans forfanterie ni faiblesse.

Epris de ses libertés, jaloux de son indépendance le peuple beige avait 1'ame trop haute pour les abandonner a la peur et pour sacrifier en même temps sa loyauté fiére, son sens de 1'honneur et son respect de la foi jurée. Nulle main n'eüt voulu se tendre pour recevoir les trente deniers de Judas qu'une menace sans pudeur offrait a la conscience beige pour prix d'une forfaiture et tous les coeurs s'émurent d'un légitime orgueil a, lire la fiére et digne réponse opposée par le Gouvernement Beige a la sommation allemande.

Aujourd'hui encore, opprimée, sanglante la Belgique rend grace a son Roi paree qu'il 1'a sacrifiée au devoir.

Dinant fit un adieu rapide aux quelques volontaires que fournit la ville et aux mobilisés qui allaient au sombre et tragique devoir. Simplement, sans phrases, comme étaient partis ceux qui devaient se battre, en honnêtes gens forts de leur droit, ceux qui restaient se préparaient a subir les épreuves que leur réservait la guerre. Finies, les petites querelles. Les rivalités, les rancunes sombraient dans un sentiment tout nouveau d'union patriotique. Des mains qui depuis longtemps se refusaient, se tendaient enfin pour une cordiale étreinte. La fierté du sacrifice nettement consenti, 1'orgueil du nom Beige et de la Patrie héroïque, la fraternité du danger commun avaient fondu toutes les ames dans une même impression d'angoisse et une même volonté d'espérance.

L'aspect de la ville avait changé. Tandis qu'aux fenêtres palpitaient les chaudes couleurs de notre grave et somptueux drapeau, de 1'agitation s'était substituée au calme ordinaire et a 1'habituelle tranquilité de nos rues. Des gens s'abordaient sans

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