Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

ieur devient intolérable, on nous remet en route pour nous faire jouir un peu plus loin du même spectacle, si bien que nous mettons une grosse heure pour aller du Rocher-Bayard a la montagne St-Nicolas, par laquelle nous sommes conduits hors de Dirjant: le trajet n'a guère plus de 1 kilomètre.

Pendant un de ces arrêts, ordre nous est donné en francais de remettre notre argent. De suite, nous sommes fouillés par les soldats qui nous gardent pendant pendant que d'autres passent avec des sacs en toile et rassemblent les sommes enlevées. Un des prisonniers demande un re^u a un officier qui passé. II est menacé du revolver. En ce qui me concerne, j'étais porteur d'une somme de 800 a 900 francs en espèces, dont partie en or. (Au moment de la séparation, j'avais remis a ma femme et a mon fils tout ce que je possédais de billets.) La monnaie d'argent est déposée dans un des sacs, mais je vois le soldat qui m'avait fouillé mettre subrepticement en poche 1 etui contenant mon or.

J affirme que ce vol en grand fut commis par ordre.

Le lendemain et le surlendemain, le capitaine qui commandait notre escorte nous fit encore fouiller a différentes reprises. Remettez tout votre argent ou vous serez fusillés, disait-il. A Marche il ajouta: "Vous serez fouillés jusque dans l,es souliers (1).„ On prit tout ce que 1'on put trouver sur nous. Même les livrets de la caisse d epargne furent 1'objet d'une chasse avide.

Ce bel exploit accompli, on nous fait reprendre notre route. Le long du mur de la prison quelques cadavres de civils sont couchés. Un peu plus loin, devant chez moi. il y en a un monceau.

Les soldats font porter leurs sacs par les prisonniers. On nous conduit a Herbuchenne par la montagne Saint-Nicolas. Nous devons enjamber des cadavres de gens fusillés. Sur le plateau d'Herbuchenne, des fermes et des habitations isolées sont disséminées. Tout ce que nous voyons brüle. Dina-nt. dans le fond, est un brasier. Devant nous, sur la rive gauche, 1'incendie dévore le collége de Belle-Vue, le chateau du Bon-Secours, 1'Institut hydrothérapique, etc. Dans ie lointain, vers Onhaye, le ciel est rouge.

Des soldats nous disent que nous serons conduits en Allemagne, d autres nous menacent, disant que nous serons fusillés au lever du jour. Nous allons camper ici.

(11 Cet officier est un capitaine du 100e d infanterie (régiment saxon). II y a peu de temps, a Dinant, Ie kreischef me fit appeler et me dit: " Des otages ramenés de Cassel se sont plaints de ce que 1'on ait pris de 1'argent Pensezvous que ce soit vrai ? „ Je lui fit le récit qui précéde. II me demanda alors le nom — que j'ignorais naturellement — et le signalement de 1'officier dont il s agit. Je lui donnai: grade, numéro du régiment, grand, figure osseuse, haut en couleur, complètement rasé, cheveux blonds, montant un cheval blanc et accompagné d'un chien de berger a poil rude. D'autres témoins furent entendus a ce sujet. J'ignore le but de cette enquête et le résultat qu'elle a pu donner. r

Sluiten