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Méfi ez-vous, recommandaient les officiers, Dinant est un nid de francs-tireurs. Donné a des hommes dont 1'esprit est hanté par les racontars de la presse d'Outre-Rhin, accusant les Beiges des pires cruautés, ce conseil leur montrera partout des coupables, et, sur la tête des Dinantais, pèseront tous les incidents imprévus de la bataille, tous les faits inquiétants ou inexpliqués pour des troupes a qui manque le sangfroid que donne 1'expérience.

Des hommes énervés par 1'anxiété de la bataille prochaine, la première a laquelle ils prendront part, se surexcitent au récit des fusillades dans les rues, de 1'assaut brutal des maisons a la hache

et a la grenade.

Quand, aux reflets des incendies, on leur dépeint leurs compagnons d'armes victimes des prétendus francs-tireurs, les craintes s'émeuvent, 1'esprit de colère et de vengeance s'allume. Pour attiser cette flamme, prête a jaillir, un implacable mot d ordre est donné : pas de pitié, pas de rémission!

A des troupes ainsi préparées, on peut tout demander : elles sont aptes a toutes les besognes.

Les Allemands ont énvahi Dinant, le jugement faussé par une idéé préconfue, le coeur dominé par la haine et la vengeance. N'essaycns pas d'apprécier sainement leurs témoignages et leurs actes sans tenir compte de ces deux éléments déterminants. Ce serait juger les effets en méconnaissant les causes et s'engager

dans un inextricable lacis d'inexactitudes et d erreurs.

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Parmi les événements complexes qui anéantirent Dinant, un fait capital, affectant 1'ensemble de la ville, est affirmé par les autorités militaires allemandes : le bombardement qui aurait

détruit la cité coupable.

Plusieurs documents racontent ce bombardement. L anlage 12 parait le plus important d'entre eux.

Anlage 12. - Extrait des RAPPORTS DE COMBAT de 1'Etat-Major de la 46me brigade d'infanterie et des regiments n "s 108 et 182 au sujet du combat prés de Dinant le 23 Aout 1914.

Les régiments nos 108 et 182 atteignirent, vers 9 heures du matin, les pentes a 1'Est de la Meuse. Une lutte violente s engagea alors pour la possession de la ville de Dinant défendue par les francs-tireurs qui nous ont causé de grandes pertes, surtout en officiers. Le commandant de la brigade estimant que la ville ne pouvait être prise sans un bombardement préalable par 1 artillerie donna, a 10 heures du matin, 1'ordre d'évacuer la ville, si cela était possible. On ne le put, car les troupes etaient de]a

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