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tout paree qu'elle servit de prison pour une grande partie de la population de Dinant. On estime a plus de 1500 les personnes qui y furent internées du dimanche au jeudi.

Toutes les religieuses de la ville, prés de 80, chassées de leurs maisons par le feu et les soldats, vinrent grossir le nombre des prisonniers et partager les terreurs, les dangers et les privations de ces malheureuses. La chapelle servit de prison pour les hommes après la cessation des fusillades.

Toutes les provisions étaient épuisées depuis le dimanche matin. Les prisonniers arrachaient ce qui restait de légumes au jardin et les mangèrent crus. Les enfants criaient la faim et on ne trouvait rien a leur donner. Les religieux de 1'Abbaye furent les témoins attristés et impuissants de toutes ces détresses, pendant 24 heures seulement. Le calvaire avait déja commencé pour eux. Voici les faits.

Le dimanche après 1'exécution du premier groupe d'hommes, pendant que la cour était occupée par des soldats, un enfant de 13 a 14 ans, portant le costume de boy-scout allemand, arrivé de dehors et crie : " On tire des fenêtres de 1 Abbaye sur les soldats !!! „ C etait un ignoble mensonge. Tout le monde était blotti dans les caves, car la mitraille se croisait au dessus de la maison.

Mais il fallait, ici comme tout le long de la route, un prétexte pour justifier les moyens de terrorisation. Le prétexte a été partout le même : on a tiré, vous avez tiré! vous serez fusillés..

L'affirmation du boy-scout a suffi pour exciter la colére des officiers et des soldats. Les protestations du RI11L Père Abbé et de tous les religieux n'avaient, devant le mensonge d un enfant, qui récitait une legon apprise et répétée depuis 15 jours, aucune valeur. A partir de ce moment, 1'Abbaye fut considérée comme un repaire de francs-tireurs.

Vous serez tous fusillés! ce fut la menace habituelle, mais au auparavant il faut être dépouillés.

Vers midi, un officier du 178e saxon se présente au R Abbé et lui dit : " Vous allez verser soixante mille francs pour avoir tiré sur nos troupes. Si dans 2 heures la somme nest pas versée le feu sera mis a votre maison.,, Le Rme proteste en vain de 1'innocence de tous. L'officier maintient ses dires et ses exigences. Le Rme supplie alors et demande au moins la réduction d une pareille somme, impossible a trouver, soit dans la maison, soit au dehors. L'officier consent enfin a en référer au chef qui a envoyé. II revient au bout d'un moment et annonce qu on se contentera de 15.000 francs, qu'il reviendra a trois heures precises et que, faute de versement, 1'incendie de la maison aurait lieu de suite. II fallait bien se résigner devant ces menaces. Les femmes prisonnières furent mises au courant de la situation menagante pour tous. Elle se cotisèrent pour arriver a partaire la somme que la caisse de 1'Abbaye était incapable de fournir. On arriva péniblement a réunir ces 15.000 francs.

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