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aux fenêtres nous montrer le poing, diriger contre nous le canon de leur fusil ou le fer de leur baïonnette. Ils nous annon^aient qu'on allait bientót nous pendre, nous étrangler, nous fusiller, etc.. Les chefs eux-mêmes s'abaissaient au röle d'insulteurs. Un officier vint dans la salie, suivi d'autres chefs. II fit lever tout le monde et, la pipe a la bouche, les yeux terribles, interpelle le Rrae Père Abbé et lui fit ce discours : " Misérables serviteurs de Dieu, vous êtes des hypocrites qui trompez le peuple. Vous avez prêché la guerre en France et ici. Vous êtes responsables de tous les morts qui jonchent les routes dc leurs cadavres. Vous allez être tous fusillés pour vos crimes. Tous ces civils sont les victimes de vos mensonges. Ils souffrent a cause de vous. Vous êtes responsables de leurs maux. „

Un frère des Ecoles essaya de protester, 1'officier lui imposa silence d'un ton plus violent encore.

Pour 1'honneur de la Religion le R'ne rédigea au crayon une protestation trés ferme et digne contre ces ignobles accusations et 1'envoya au commandant de la prison. II n'eut pas, naturellement, de réponse et les avanies continuèrent.

Siiit le récit de la détention a Dinant des P. Prémontrés, du voyage infiniment douloureux que, avec d'autres ecclésiastiques et de nombreux laïques on leur fit effectuer, a pied, jusque Marche. Au cours de ce calvaire les injures, les outrages de toutes sortes, les mauvais traitements et tnqrne les coups ne leur furent pas êpargnés.

A Marche, les prêtres et religieux-furent internés au couvent des Carmes. Ils y étaient prisonniers sur parole.

Monseigneur 1'évêque de Namur, mis au courant de notre captivité, intervint auprés des autorités supérieures allemandes et protesta énergiquement contre les traitements infligés a 34 de ses fils spirituels. II en résulta une enquête. Un officier vint a Marche, interrogea cinq des prisonniers et fit eet aveu vraiment étonnant qu'on ne savait pas pourquoi nous étions prisonniers, par suite de 1'absence de tout procés-verbal concernant les faits accomplis a Dinant les 23 et 24 Aoüt. Les officiers qui ont opéré a Dinant, ajouta-t-il, n'ont laissé aucune pièce réglementaire! Quel aveu!!!

Quelques jours après 1'enquête, le général von Longchamp, accompagné de trois «officiers vint nous dire que notre parfaite innocence avait été pleinement reconnue et qu'on regrettait les mauvais traitements qu'on nous avait infligés. II nous déclara libres et nous permit de revenir a Dinant.

Avant de jouir de cette liberté, il fallut se rendre compte de 1'état de 1'Abbaye qui, depuis un mois était livrée, nous disait-on, au pillage. La majeure partie de la communauté fut dirigée sur Chevetogne oü les R. P. Rénédictins nous offrirent une généreuse hospitalité.

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