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alors que nous venions de poser nos fusils pour être plus a notre aise, nous regümes des coups de feu. Une section et un officier regurent 1'ordre de se rendre compte d'oü partait la fusillade. Ils capturèrent des soldats frangais et des soldats beiges, les derniers étaient des hommes d'un certain age. Ceux qui avaient tiré ne pouvaient pas être des civils, car les feux étaient des feux de salve. Prés du rocher, j'ai apergu un grand batiment dans lequel se trouvaient rassemblés et gardés militairement deux cents femmes et enfants. Aprés avoir quitté Dinant,

etc., etc Pas plus que le magistrat beige, le soldat allemand

n'admet donc que des coups de feu aient été tirés par des civils sur les soldats construisant le pont. Schcenherr précise même : „ Ceux qui avaient tiré ne pouvaient pas être des civils, car les feux étaient des feux de salve. „ (Voir la déposition compléte de Schoenherr, p. 255).

L'officier qui a donné 1'ordre de fusiller les otages a Les Rivages porte devant 1'histoire une responsabilité terrible. L'autorité militaire allemande paraït en avoir conscience, car, s'il est dit dans 1'Anlage C. 46 que eet officier était un homme d'un certain age, son nom n'est, contrairement a 1'habitude, pas mentionné.

La préoccupation de présenter 1'armée allemande comme victime des agressions des " francs-tireurs „ et le souci de justifier a tout prix son attitude vis-a-vis de la population apparaissent dans le caractère excessif même de la défense entreprise par certains témoins.

A eet égard, les assertions du major Schlick, commandant le ler bataillon du régiment des grenadiers n° 101, relatives aux événements des Rivages doivent être signalées spécialement (C. Anl. 44). N'est-ce pas pour justifier la tuerie dés femmes et des enfants que eet officier écrit, a deux reprises, que des hommes de tout age, des femmes innombrables (utizahlige) et même des filles de dix ans prenaient part a la lutte ? Durant le combat de rue, une vingtaine d'habitants parmi lesquels quelques femmes, qui tiraient comme des fous et agissaient d'une manière particulièrement vile et perfide, furent tués a coups de fusil " pour nous défendre dit, Schlick, contre eux et pour détourner par la crainte (abschrecken) les habitants de commettre de nouvelles atrocités. „ Le combat de rue dura jusqu'a la nuit, 1'incendie de tout le quartier mit enfin un terme aux basses menées des habitants. Le major peut attester que les mesures prises ne constituaient qu'un acte de légitime défense. II ajoute que la situation dans laquelle les troupes se trouvaient, notamment a 1'endroit oü le pont fut jeté, méritait le nom, dans le vrai sens du mot, d'un sabat de sorcières (Hexenkesset'), qui, exécuté par une armée (Heer) d'hommes et de mégères (Weiber) en furie, n'aurait pu être imaginé pire. Schlick a toujours admiré dans la suite, en dépit des terribles impressions de ce combat, combien les soldats allemands étaient restés calrnes vis-a-vis de pareilles brutes (Bestien) et combien la cruauté leur était étrangère, mê-

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