Onderstaande tekst is niet 100% betrouwbaar

environ cent habitants du sexe masculin: sa déposition ne continent pas un seul mot de regret (C. Anl. 7). On ne surprend d'ailleurs, dans aucune déposition, des expressions décelant chez les témoins un mouvement instinctif de répulsion avant de procéder aux exécutions ni même un sentiment quelconque de commisération pour les innocents immolés avec les "coupables„. II semble que, pour eux, la besogne qu'on leur donnait a aecomplir était une tache toute naturelle ou indifférente.

Le rapport sur les événements de Dinant, rédigé par le Bureau Militaire d'Enquête allemand se borne a déclarer froidement (p. 124) que, "sans doute, il est profondément regrettable qu'a la suite des événements du 23 et 24 Aoüt, la ville florissante de Dinant ait été avec ses faubourgs incendiée en grande partie et mise en ruines et qu'un grand nombre de vies humaines aient été anéanties. Si les habitants s'étaient abstenus de commettre des actes d'hostilité, ils n'auraient guère subi de préjudices, en dépit de leur situation exposée „.

Que les auteurs de massacres, en dépit de leur préjugé, se soient doutés qu'il y avait, parmi leurs victimes, bien des malheureux dont 1'autorité allemande aurait été impuissante a prouver la culpabihté en cas de procés devant un conseil de guerre, c'est ce que le rapport du Bureau Militaire reconnait explicitement a deux reprises, dans le passage rapporté plus haut (p. 218).

rUaient justifiés, s,ans plus (ohne weiteres) „, ainsi s exprime ce rapport, " le bombardement de la ville, 1'incendie des maisons occupées par les francs-tireurs et la fusillade des habitants pris les armes a la main Sans plus : c'est-a-dire, sans s'inquiéter de procéder au préalable a aucune enquête. II ne craint pas, d autre part, de déclarer " conforme au droit „ la fusillade des otages, qui eut lieu dans plusieurs quartiers de la ville, en alléguant des raisons d'ordre militaire; il trouve même a cette exécution, non point une excuse, mais une " justification „ supplémentaire, en remarquant qu'il pouvait difficillement s'agir d'innocents, " étant donnée la participation générale de la population au combat „ (p. 123).

Le capitaine Wilke (C. Anl. 26, p. 158-159) déclare qu'il a agi sur 1'injonction, réitérée formellement trois fois, de ses chefs, le major, le commandant de brigade et le commandant de division qui, tous les trois, lui intimèrent (einscharften) successivement 1'ordre d'agir sans ménagement (rücksichtslos) ; le dernier, Edler von der Planitz, accentua même fortement 1'injonction, ordonnant d ' agir avec la plus grande absence de ménagements et les moyens les plus énergiques contre les fanatiques francs-tireurs „ (init der grössten Rücksichtslosigkeit und den energischsten Mitteln). Wilke juge sa mission accomplie après que 50 hommes environ eurent été fusillés.

Le Comte Kielmannsegg qui fit, on vient de le voir, fusiller cent civils, tient même a déclarer formellement que des " transgressions des ordres qu'il avait donnés ne lui ont été signalées d'aucun cöté „.

Sluiten