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Lettres sur les dangers de changer la constitution primitive d'un gouvernement public. Ecrites à un patriote hollandois.

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i72 QJJ ATRIEME LETTRE.

ce; & qui prouve en même tems jusques a quel dégré les efprits égarés de la France fe font lailfé fasciner 1'efprit de notions confufes , en s'abandonnant a leur génie fans le cultiver. Ce n'étoit pas , comme vous voyez , les Athéniens feuls , qui fe laiflbient emporter par la vaine gloire de pouvoir mal récompenfer les fervices de ceux , qui meritoientbien de la République. Je dis vaine gloire de mal récompenfer. Carfivousfaites attention au caraétère du peuple, vous lui trouverez un penchant a fe glorifier de pouvoir commettre impunement des injuftices. Tels que des enfans, qui, laiffés a eux-mêmes dans leurs petites compagnies, prennent plaifir a montrer leur indépendance momentanée par de petites coquineries & des coups de malice : tel eft par-tout le peu« ple, laifle a lui-même, fans frein & fans furveillant: & c'eft bien plus a ce penchant, a cette idéé de majefté populaire, fi fort exaltée de nos jours, qu'a tout autre motif, qu'il faut attribuer fes égaremens & fur-tout fes aftes continuels d'ingratitude. L'idée d'indépendance entraine celle du pouvoir arbitraire: j celui qui fe croit indépendant fe croit tout permis, pourvü que le pouvoir phyfique ne lui manque pas. Les Athéniens, plusqu'aucun autre peuple de la Gréce , avoient ce défaut, mais par cela même aucun peuple ne füt plus despote, & ne commit plus d'injuftices. Les Athéniens, imbus de 1'efprit d'indépendance, fe crurent en droit d'exercer impunément les aétions les plus revoltantes. II fuffifoit qu'elles fe fiftent d'après un decret du peuple, pour qu'on n'eüt rien a y redire. Car tel étoit fon bon plaifir.

Les Spartiates humiliés implorent le fecours des Athéniens, de ce peuple, qu'ils avoient traité avec fi peu de ménagemens. Pourquoi , parcequ'Athenes, jaloufe de la gloire que Thebes venoit d'acquerir & de la puiftance ia laquelle elle paroiflbit mon.-

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