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088 HISTOIRE GE'NE'R ALE

1461.

'Le parti de JaqiiM je fortifie.

feroit accommodé du préfent, qu'on lui vouloit faire, s'il avoit ofé 1'accepter. Jaques , qui s'en doutoit, le prévint, en lui difant , que, " s'il étoit obligé d'abandonner le Siége, qu'il „ avoit entrepris, il iroit lui même en porter fes plaintes au „ Soudan.

Si la tentative des Envoïés de Louis fut inutile, les batteries, dont Jaques lit redoubler le feu, furent fi infructueufes, que, commencant a défefperer d'en venir a bout , il s'avifa de débaucher les Troupes de la garnifon. II fit jetter dans la Place quantité de billets, par lesquels il promettoit cinq écus d'or d'engagement a chaque Soldat, «Sc des récompenfes proportionnées a la Nohlelfe , & aux Officiers, qui fe rangeroient de fon parti.

Ces appas, joints a la difette de vivres, que les Affiégés commen9oient a éprouver, obligèrent plufieurs Officiers, & Soldats a déferter. Calceran Ciiimi , «Sc Antoine Scinclitique , deux des prémiers Barons du pays, furent du nombre; mais 1'augmentation de fes Troupes diminuoit fi confidérable•ment fes Finances, que, pour ne point agraver les Peuples, -il fut bientöt obligé de rccourir a un expédient, qui déplut a •tout le monde. II fit démolir les magnifiques bains, qui fe trouvoient dans divers endroits de 1'Ile, afin d'en arracher les bafiins, &les chaudières de cuivre, quil fit convertir en mauvaifè monnoie, avec promefle d'en rembourfer la valeur, lorsque la guerre feroit terminée.

Cette extrémité fut luivie du départ précipité du Teitar; car, foit qu'il fut féauit par les préfens, qu'on prétend qu'ü re^ut enfin du Roi Louis, ou que la crainte de perdre fa Flotte , qui avoit déja beaucoup fouffert a la rade des Salines, l'obligeat a s'en retourner, il quitta le Siége de Cérines, avec le gros de fon Armée, malgré les prières, & les fuplications de Jaques , au quel il ne lailfa que deux eens Chevaux, & mille Hommes de pié, fous le commandement d'un Rénégat, nommé

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