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Le cabinet des fées; ou Collection choisie des contes des fées

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ET L' A B E I L L- E.' 31^

La princeife n'avoit jamais été mieux infpirée que d'aller mettre la couronne fur la tête d'Aimé. Sans cette précaution, c'étoit fait de? lui; la barbare Tourmentine fe réveilla en furfaut, &c rêvant au prince qu'elle avoit trouvé beau comme le jour & fort appétilfant, il lui prit une fi grande peur que Ravagio ne 1'allat manger tout feul, qu'elle crut que le meilleur étoit de le prévenir. Elle fe gliiTa fans dire mot, dans le trou des ogrichons, elle toucha doucement ceux qui avoient des couronnes , (le prince étoit de ce nombre) & une des ogrelettes paiTa le pas en trois bouchées. Aimé & fa maitrelfe entendoient tout & trembloient de peur; mais Tourmentine ayant fait cette expédition, ne demandoit plus qu'a dormir, ils furent en süreté le reite de la nuit.

Ciel, difoit la princeiTe, fecourez-nous! infpirez-moi ce que nous devons faire dans une extrémité fi prelfante. Le prince ne prioit pas avec moins d'ardeur, & quelquefois il avoit envie d'attaquer ces deux monitres & de les combattre, mais quel moyen d'efpérer quelque avantage fur eux ? Ils étoient hauts comme des géans; & leur peau étoit k 1'épreuve du piftolet; de forte qu'il penfoit fort prudemment qu'il n'y avoit que l'adreffe qui put leg tirer de eet affreux endroit.